Congo-Brazza: Sassou-Nguesso se félicite des résultats, l'opposition conteste

Un partisan de Denis Sassou-Nguesso est enveloppé dans un drapeau devant un rassemblement organisé pour célébrer la réélection du président sortant à Brazzaville, le 24 mars 2016.
© AFP/MARCO LONGARI

Il dirige le Congo Brazzaville depuis 32 ans. Denis Sassou-Nguesso a été réélu au premier tour de la présidentielle du 20 mars avec un peu plus de 60% des voix, selon les résultats officiels publiés la nuit dernière.  Résultats contestés par ses deux principaux concurrents Guy-Brice Parfait Kolélas crédité d'un peu plus 15,05% des suffrages et le général Jean-Marie Michel Mokoko arrivé troisième avec avec un peu plus de 13,89% des voix. Le général Mokoko dénonce de multiples irrégularités, rejette ces résultats qu'il qualifie de « forfaiture » et en appelle à la rue. 

Le ministre de l'Intérieur en personne, Raymond Zéphyrin Mboulou, est apparu au milieu de la nuit à la télévision publique pour égrainer les résultats officiels, pendant plus de deux heures. Une litanie de chiffres au terme de laquelle le ministre conclut par la victoire dès le premier tour de Denis Sassou-Nguesso avec 60,4% des suffrages. Guy-Brice Parfait Kolelas arrive en seconde position avec 15 % des voix, suivi de Jean-Marie Michel Mokoko avec 13,89%. Aussitôt, Denis Sassou-Nguesso donne une conférence de presse à son QG de campagne. Il se félicite de ces résultats qui, selon lui, « traduisent la réelle volonté du peuple ».

L’opposition conteste les chiffres

Ce jeudi matin, Jean-Marie Michel Mokoko a diffusé sur les réseaux sociaux un message aux Congolais dans lequel il dénonce des irrégularités multiples et évoque une « forfaiture de plus », demandant aux Congolais de réclamer leur vote « confisqué et volé ». L’opposant avait demandé la veille un recomptage des voix et en appelle à la rue, sans préciser les formes que pourrait prendre son appel à la désobéissance civile, qui pourrait tenir de la grève générale.

Dans un message sur les réseaux sociaux, Jean-Marie Michel Mokoko dénonce une «forfaiture»
24-03-2016

De son côté, le ministre de la Communication, Thierry Moungalla, invite le général Mokoko à utiliser toutes les voies de recours prévues par la loi. « La Constitution ne reconnaît pas la désobéissance civile » c'est donc « ipso facto prendre le risque d’être soumis à la loi », a-t-il déclaré. Pierre Ngolo, secrétaire général du Parti congolais du Travail, au pouvoir à Brazzaville, appelle plutôt l'opposition à se comporter en « véritables démocrates » et à reconnaître que le peuple s'est exprimé.

Pierre Ngolo appelle au respect des règles prévues par la loi en cas de contentieux au sujet des résultats
24-03-2016 - Par Pierre Pinto

De son côté, Guy-Brice Parfait Kolelas dit détenir des preuves que les résultats officiels ont été falsifiés et a annoncé son intention de déposer des recours devant la Cour constitutionnelle.

Guy-Brice Parfait Kolelas annonce son intention de déposer des recours devant la Cour constitutionnelle
24-03-2016 - Par Pierre Pinto

Autre candidat à envisager des recours : André Okombi Salissa, qui a obtenu 3,96% des voix.

André Okombi Salissa veut aussi déposer un recours devant la Cour constitutionnelle
25-03-2016 - Par Michel Arseneault

La victoire de Denis Sassou-Nguesso a été annoncée alors que le pays était privé de télécommunications depuis plus de quatre jours. Les autorités avaient coupé Internet et le téléphone à la veille du scrutin pour empêcher l'opposition de verser dans l'« illégalité » en publiant elle-même les résultats de l'élection. Après l'annonce des résultats, les télécommunications ont été rétablies progressivement.