Elections dans les nouvelles provinces en RDC: dernier jour de campagne

Mbandaka, capitale de la province de l’Equateur en RDC.
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C'est aujourd'hui, jeudi 24 mars, le dernier jour de campagne pour l'élection des gouverneurs et vice-gouverneurs des 21 nouvelles provinces. Il s'agit d'un vote au suffrage indirect : les députés provinciaux procéderont à l'élection le samedi 26 mars. Le point sur les thèmes de campagne dans les provinces du Tanganyika et d’Equateur.

►Dans la province du Tanganyika, chef-lieu, Kalemie, deux candidats sont en lice pour prendre la tête de l'exécutif. Le conseiller spécial nommé par le gouvernement, Richard Ngoy Kitangala et un candidat indépendant issu du G7, Christian Mwando Nsimba. Les 24 députés provinciaux auront la lourde tâche de les départager.

Pour l'opposant Christian Mwando Nsimba, l'essentiel, c'est de ramener la paix dans la province et surtout de rouvrir l'espace politique alors que toutes les manifestations publiques comme privées sont aujourd'hui interdites, officiellement pour éviter tout trouble à l'ordre public. Christian Mwando Nsimba : « Sans la paix et la sécurité aucun programme de développement sérieux ne pourra être engagé. La bonne manière de faire les choses c’est d’abord d’amener un climat d’apaisement entre les partis politiques ; ouvrir les espaces de liberté ; arrêter les différents braquages et tracasseries de la population et régler certains conflits communautaires tels que les conflits entre les batwas, les pygmées et les lubas ».

Pour le commissaire spécial Richard Ngoy Kitangala, il est temps d'amener le développement dans la province et notamment en construisant des infrastructures, une pique indirecte à son rival qui était ministre des Finances de l'ex-province du Katanga.
« Nous sommes en retard. Vous savez que nous sommes un district qui a été jeté aux oubliettes… maintenant que nous sommes là, nous devons prendre le taureau par les cornes et avancer. Le premier défi ce sont les routes : nous n‘avons pas de routes ! Le deuxième défi est la sécurité et le troisième défi, c’est l’aéroport. Il faudrait allonger l’aéroport pour pouvoir recevoir des gros porteurs. La quatrième défi, c’est les ports ».

Le commissaire spécial assure que bon nombre de ses travaux sont sur le point de commencer et notamment pour l'aéroport dès le mois d'avril.

Dans la province de l'Equateur, trois candidats s'affrontent : un ancien gouverneur de la province, Jean-Claude Baende, pour la majorité présidentielle ; Adrien Boïka pour le MLC de Jean-Pierre Bemba et Tony Cassius Bolamba, candidat indépendant. Les trois hommes ont présenté hier, mercredi 22 mars, leur projet de société devant la vingtaine de députés provinciaux chargés d'élire les gouverneurs samedi, puisqu'il s'agit d'un vote au suffrage indirect.

Pour Adrien Boika, la priorité est d'optimiser l'exploitation des ressources naturelles, notamment la filière bois, en luttant contre la corruption afin que les dividendes bénéficient vraiment aux populations. Le candidat du MLC compte sur la forte implantation locale de son parti pour l'emporter mais dénonce des pressions sur les députés provinciaux, « l’intimidation que subissent nos députés. Parce que hier une délégation de la majorité présidentielle s’est réunie dans l’hémicycle de l’assemblée provinciale pour imposer aux députés le choix du candidat de la majorité ».

Le député Magbengu Dismas, chargé de communication de Jean-Claude Baende, fait justement partie de la délégation venue soutenir le candidat de la majorité présidentielle. Il est convaincu que le programme de Jean-Claude Baende, qui mise sur un développement basé sur l'agriculture et l'environnement, fera la différence et réfute toutes pressions. « Il ne s’agit pas de pression, il s’agit de la campagne, explique-t-il à RFI. Nous sommes en campagne et c’est dans ce cadre-là que nous, délégation de la majorité, nous nous sommes adressés aux députés provinciaux pour leur dire : voici les candidats que le chef de l’Etat avec son groupement politique, ont jugé utile pour accompagner le développement des forces de progrès ».

Tony Cassius Bolamba rejette lui toutes les querelles de campagne. « Une des forces de ma candidature est de pouvoir incarner le rassemblement » estime le candidat indépendant, qui propose de développer l'accès à l'électricité par l'énergie solaire et d'utiliser les nouvelles technologies pour mieux promouvoir la province.