Mausolées de Tombouctou: la CPI va juger Ahmad al Faqi al Mahdi

Un des mausolées de Tombouctou, (15 mai 2012) devenu la cible du mouvement Ansar Dine.
© REUTERS/Adama Diarra

La Cour pénale internationale estime que les charges sont suffisantes, elle va juger Ahmad al Faqi al Mahdi. Plus connu sous le nom d'Abou Tourab, il sera jugé pour crimes de guerres commis à Tombouctou, au Mali, en 2012. Pour la première fois, la CPI va organiser un procès pour la destruction de monuments historiques et religieux.

La Cour pénale internationale estime que ces monuments faisaient partie du patrimoine de Tombouctou et qu'à ce titre ils étaient donc protégés. Surtout, la CPI considère que ces mausolées attaqués en 2012 ne pouvaient pas s'apparenter à des objectifs militaires.

Ces bâtiments ont été construits aux XVe et XVIe siècles, Tombouctou était alors l'une des capitales spirituelles de l'Afrique et l'un des principaux centres d'expansion de l'islam sur le continent. Et c'est précisément pour cela qu'ils ont été choisis. Pour leur caractère religieux et historique.

En 2012, la ville était occupée par le groupe Ansar Dine et Ahmad al Faqi al Mahdi, plus connu sous le nom d'Abou Tourab, était chef de la brigade des moeurs. Ce Touareg est accusé d'avoir personnellement participé ou supervisé la destruction de neuf mausolées et d'une mosquée.

Il est détenu à La Haye depuis six mois, il avait été transféré en septembre dernier après plusieurs mois de prison au Niger. La Cour pénale internationale estime donc qu'elle a suffisamment de preuves, de témoignages, de photos, de vidéos... pour le juger pour crimes de guerre. On ne sait pas encore quand pour l'instant, la procédure peut prendre plusieurs mois.

L'accusé « a exprimé son désir de plaider coupable », le 1er mars dernier, pendant l'audience de confirmation des charges, alors que la Cour était en huis clos, a affirmé le procureur dans un communiqué.

Ahmad al Faqi al Mahdi est soupçonné d'avoir commis d'autres crimes, mais pour l'instant la CPI manque de preuves pour le poursuivre. C'est déjà une première étape pour les habitants de Tombouctou. Le maire fait part de sa satisfaction, il faut que les groupes armés sachent que l'impunité ne gagne pas. Il compte maintenant sur la communauté internationale pour mener d'autres enquêtes et engager d'autres poursuites.

A Tombouctou, même si les sites ont été reconstruits depuis, personne n'a oublié
24-03-2016 - Par Anne Cantener

Capture d'écran d'une vidéo montrant des islamistes détruisant un mausolée à Tombouctou, en juillet 2012. © AFP PHOTO