Niger: première séance de la nouvelle Assemblée sans opposition

L'Assemblée nationale du Niger.
© AFP/Sia Kambou

Au Niger, c’est ce jeudi matin que la nouvelle Assemblée, élue à l’issue du scrutin du 21 février, a été installée. Elle est désormais composée de 171 députés, dont 25 femmes. Cette première séance s’est déroulée sans les députés de l’opposition qui n’ont pas reconnu les résultats de ces élections.

Les nouveaux députés se sont réunis pour la première fois. Et en attendant l’élection du président, c’est le doyen Cheiffou Amadou qui a présidé la séance : « Je constate avec bonheur que pour la première fois la plus jeune Assemblée vient d’être élue, puisque j’en suis le doyen d’âge ».

Puis la secrétaire Hannatou Barkiré, une des plus jeunes députés élus, fait l’appel. Les mains se lèvent sous les applaudissements, mais les absents sont cependant nombreux. Il manque plus de 50 députés, ceux de l’opposition qui n’a pas siégé.

Une situation qui n’étonne pas Mohamed Bazoum, président du PNDS, le parti présidentiel majoritaire : « Je constate justement qu’ils sont absents, mais ils sont coutumiers de la chose. D’habitude, ils saccagent les locaux de l’Assemblée et puis ils reviennent sur la pointe des pieds. C’est ce qui va se passer. Je ne comprends pas pourquoi ils ne tirent pas les leçons de leur dévoiement du passé ».

Omar Tchiana, dissident du Parti Lumana d’Hama Hamadou, regrette l’absence des députés de l’opposition et les appelle à changer d’avis : « L’Assemblée c’est le temple de la démocratie. C’est là où on débat des questions essentielles de la nation. Donc nous les invitons à venir pour qu’ensemble nous débattions des problèmes de notre pays ».

Le nouveau président de l’Assemblée doit être élu d’ici vendredi.


■ Le Moden Fa Lumana affirme qu’un gouvernement d’union nationale n’a pas de sens

La coalition de l'opposition qui a boycotté le scrutin n'a pas encore réagi officiellement à la proposition de gouvernement d'union nationale faite par le président Issoufou par médias interposés. Mais le Moden Fa Lumana, le parti de Hama Amadou, affirme déjà de son côté qu'un gouvernement d'union nationale n'a pas de sens sans dialogue dans le contexte actuel.

C'est un effet d'annonce. J'ai l'impression que lui (le président de la République) l'a dit à la presse.
Maman Sani Malam Maman
25-03-2016 - Par Marie-Pierre Olphand