Burkina Faso: une campagne pour alerter sur la présence d’enfants dans les bars

Plus de 32 000 enfants travaillent dans les débits de boissons à Ouagadougou, au Burkina Faso.
© REUTERS/Joe Penney/Files

Au Burkina Faso, de plus en plus d'enfants travaillent dans les conditions très difficiles dans les débits de boissons. Un phénomène qui inquiète la Croix-Rouge burkinabè et ses partenaires, qui viennent d'entamer une campagne de sensibilisation en direction des gérants et propriétaires des débits de boissons qui emploient ces mineurs.

Cette campagne de sensibilisation consiste en l'affichage de messages à l'entrée et à l'intérieur des débits de boissons de la capitale, Ouagadougou. Des lieux fréquentés par des milliers d'enfants, selon une étude de la Croix-Rouge burkinabè.

« Plus de 32 000 enfants travaillent dans les débits de boissons à Ouagadougou. Ils sont âgés de 13 à 17 ou 18 ans. La place d’un enfant de cet âge n’est pas dans un maquis », estime Naba Wangré, chargé des programmes à la Croix-Rouge burkinabè.

Sensibilisés, les gérants et tenanciers des débits de boissons adhèrent à cette campagne : « On rencontre des filles d’à peine 15 ans avec des grossesses non désirées. On voit des petits garçons avec des allures pas très jolies, parce que l’on sent la souffrance. Certains diront que c’est pour aider leurs parents, mais ce n’est pas aux enfants d’aider les parents. »

Ayant assisté à de nombreuses scènes impliquant les enfants, Arun Tapsoba, client régulier des maquis, dénonce l'exploitation des mineurs dans les débits de boissons à Ouagadougou : « Les jeunes filles apprennent à boire de la bière, elles n’ont aucune expérience dans le domaine sexuel et à coup de 500 francs CFA, les gens vont coucher avec elles sans se protéger. »

Désormais, tout demandeur d'emploi dans un maquis de la capitale doit se munir de sa pièce d'identité.