Référendum constitutionnel au Sénégal: le camp du «non» dénonce des fraudes

Dans le bureau de vote de l'école Biscuiterie à Dakar, pour le référendum constitutionnel au Sénégal, le 20 mars 2016.
© Guillaume Thibault/RFI

Au Sénégal, au lendemain de l’annonce des résultats provisoires du référendum, le « oui » l’a emporté avec plus de 62% des voix. Le projet de révision constitutionnelle du président Macky Sall prévoit notamment la réduction des prochains mandats présidentiels de 7 à 5 ans et de nouveaux droits pour les populations, comme le droit à un environnement sain. Le camp du « non », rassemblement de partis politiques d’opposition, notamment le Parti démocratique sénégalais (PDS), le parti d’Abdoulaye Wade, a organisé une conférence de presse et ses critiques sont nombreuses.

Avec notre correspondant à Dakar,  Guillaume Thibault

Il aura fallu 2 heures à huis clos aux leaders de l’opposition pour s’accorder sur les arguments à mettre en avant face à la presse. La déclaration finale a été lue par Mamadou Diop de Croix. Il accuse le camp du « oui » d’avoir acheté des voix.

« Il est clair que le rejet qui a été opéré par les électeurs sénégalais aurait été encore plus massif si le vote du "oui" n'avait pas été artificiellement gonflé par les pratiques répréhensibles du président de la République et de son clan », dénonce-t-il.

Le camp du non accuse la RTS, la télévision nationale, de n’avoir donné la parole qu’au camp du « oui ». Autre grief : les ratés du ministre de l’Intérieur qui a annoncé des résultats alors que ce n’est pas dans ces attributions. Des critiques validées par Idrissa Seck, ancien Premier ministre, leader du parti Rewmi. « La contestation des résultats, je l'assume », dit-il.

Egalement présent, Oumar Sarr, coordinateur du PDS, le parti d‘Abdoulaye Wade. « En 2012, Macky Sall avait un peu plus 1,9 million. Donc la il a perdu pratiquement plus de 700 000 voix. S'il est lui content d'avoir perdu autant de voix, pour moi tant mieux pour lui », lance-t-il.

Les leaders du camp du « non » accusent le pouvoir d’avoir organisé ce référendum sans concertation, mais n’ont pour le moment pas décidé s’ils allaient accepter la main tendue, l’appel au dialogue lancé par Macky Sall pour mettre en œuvre les 15 points de la réforme constitutionnelle.