L'Afrique du Sud, très mauvais élève en matière d'accueil des migrants

Des immigrants zimbabwéens dans le camp de Chatsworth, au nord de Durban, en avril 2015.
© REUTERS/Rogan Ward

L’Afrique du sud un des pays qui accueillerait le moins de réfugiés au monde. Selon les dernières statistiques publiées cette semaine par le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). Selon le HCR, en 2014, l’Afrique du sud a rejeté 81% des demandes d’asile déposés. C’est quatre fois plus que la moyenne internationale. Pretoria a récemment durcit sa politique d’accueil des migrants.

Personne ne sait exactement combien de non sud-africains résident dans le pays. Le gouvernement avance parfois le chiffre de 5 à 6 millions, dont la moitié en situation irrégulière, la majorité étant des Zimbabwéens. Mais selon les différentes organisations qui travaillent avec les migrants, les chiffres seraient plus proches des 2 à 3 millions. Un flou qui permet justement au gouvernement de justifier une politique migratoire plus sévère.

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Selon Roni Amit, de l’Université de Witswaterand, le gouvernement assimile réfugiés et migrants économique, ce qui lui permet de rejeter de nombreuses demandes. « Il y a sans aucun doute des migrants économiques qui entrent en Afrique du sud avec le statut de réfugié, parce qu’il n’y a aucun mécanisme pour gérer ces migrants économiques et régulariser leur séjour dans le pays, explique ce chercheur. Mais je ne pense pas que les chiffres soient aussi élevés que ceux présentés par le gouvernement. Actuellement le taux de rejet est de 96%. C'est-à-dire ils disent que 96% des demandes d’asiles sont des migrants économiques. Mais nos recherches il y a quelques années montrent que ce chiffre est plus proche des 50%. »

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Le sujet de l’immigration est sensible en Afrique du sud, deuxième économie du continent. Les migrants affluent de toute l’Afrique : Zimbabwe, Malawi, Swaziland, Nigeria, République démocratique du Congo, mais aussi Ethiopie, Somalie, Tanzanie. Et avec un taux de chômage à plus de 25%, les Sud-Africains, notamment dans les townships, ont souvent du mal a accepter la présence de ces étrangers, ce qui donne régulièrement lieu à des incidents xénophobes.