RDC: négociations difficiles avec l'ONU sur le prochain mandat de la Monusco

Des soldats de la Monusco, le 23 octobre 2014, à Beni.
© AFP PHOTO / ALAIN WANDIMOYI

Le Conseil de sécurité des Nations unies va renouveler mercredi 30 mars prochain le mandat de la Monusco. Des négociations très sensibles dans un contexte où l’ONU craint une nouvelle crise constitutionnelle et des violences si le président Joseph Kabila cherche à se maintenir au pouvoir. Officiellement, l’ONU ne s'oppose pas au départ de 1 700 casques bleus, une recommandation du secrétaire général Ban Ki-moon qui date de décembre dernier. Officieusement, cette décision ne sera pas actée sur le terrain et le mandat de la Monusco doit être recentré sur les élections.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

Kinshasa aurait voulu accélérer la stratégie de départ de la Monusco et assure vouloir créer les conditions nécessaires pour permettre à 10 000 casques bleus de quitter la République démocratique du Congo, soit la moitié des effectifs.

Mais l’ONU ne l’entend pas vraiment de cette oreille, persuadée que le pays s’engage vers une nouvelle crise constitutionnelle avec un président Kabila qui chercherait à se maintenir au pouvoir à l’issue de son mandat. Pas question, dans ces conditions, de réduire ses troupes alors que les risques de violences sont réels. Au mieux, l’ONU promet de réétudier le départ de 1 700 soldats si des progrès substantiels sont réalisés sur le terrain.

Autre sujet de tension entre Kinshasa et l’ONU, la référence aux violations des droits de l’homme par ses forces de sécurité, alors que les arrestations et les restrictions des libertés fondamentales se multiplient dans cette phase pré-électorale.

Enfin, le conseil de sécurité veut renforcer le mandat de la Monusco sur deux axes : la protection des civils et créer les conditions pour la bonne tenue des élections en novembre 2016. Mais c'est une référence que les Congolais ne veulent absolument pas voir figurer dans cette nouvelle résolution.