Tchad: échec de la médiation entre le gouvernement et la société civile

Les militants de la société civile dénoncent la candidature du président tchadien Idriss Déby (photo) à un nouveau mandat.
© AU

Au Tchad, la médiation entamée entre le gouvernement et la société civile a échoué. Elle intervient quelques jours après l'arrestation de quatre militants de la société civile qui, en début de semaine, appelaient à manifester contre la candidature du président sortant, Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990. Ces leaders de la société civile ont été inculpés pour « atteinte à l'ordre public » et « refus d'obéir à l'autorité légitime ».

A l'origine, cet échange initié par le médiateur de la République visait à trouver un compromis et à apaiser le climat. L'idée était de libérer les quatre leaders de la société civile en échange de la levée du mot d'ordre de grève lancé par l'Union des syndicats du Tchad.

Seulement, toutes les parties ne semblent pas d'accord sur ces préalables. A l'issue des discussions, le Dr Albisaty Allazam, le porte-parole de la coalition « Ça suffit », ressort avec peu d'informations et donc peu d'avancées.

« On nous fait savoir que la remise en liberté de nos camarades serait le jeudi matin. Mais les messagers du médiateur nous ont fait savoir que le principe de la libération de nos camarades est acquis, sans toutefois nous préciser si cet acquis est juridique ou politique, dénonce-t-il. En ce qui nous concerne, nous tenons toujours à ce que nos camarades soient libérés et sans condition. »

→ A (re)lire : Présidentielle au Tchad: l’opposition à une candidature de Déby se renforce

Ce leader rappelle l'importance du respect des libertés constitutionnelles, telle que le droit de manifester. Et face à l'absence de compromis, la coalition « Ça suffit » maintient son appel à une grève illimitée.

Ce vendredi déjà, le mouvement de grève initié par l'Union des syndicats du Tchad, a été respecté particulièrement respecté dans certaines administrations, notamment à l'hôpital général de la capitale, selon le secrétaire général de l'UST cité par l'Agence France-Presse (AFP).

→ Lire aussi : Tchad: «Ça suffit», un manifeste contre Idriss Déby Itno