Afrique du Sud: polémique après l'assassinat d'un défenseur de l'environnement

Un policier sud-africain, le 15 septembre 2012 à Marikana.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

En Afrique du Sud, l'assassinat d'un défenseur de l'environnement dans la province du Cap oriental provoque l'indignation. Sikhosiphi Radebe, figure de la communauté locale, militait activement contre un projet d'extraction de sable le long de la Côte Sauvage sud-africaine. Cet assassinat fait suite à près d'une décennie d'intimidations et d'actes violents envers la communauté locale, fortement divisée par ce projet.

Sikhosiphi « Bazzoka » Radebe a été assassiné sous les yeux de sa femme et de son fils de 15 ans. Des hommes habillés en policier lui ont tiré dessus à huit reprises avant de disparaître dans la nuit.

Sikhosiphi Radebe présidait le Comité de crise d'Amadiba. Elu par sa communauté, il luttait contre les projets miniers de la société australienne MRC qui prévoit d'exploiter les plages et les dunes de la côte sauvage sud-africaine, pour en extraire du titane, du zircon et du rutile. Une activité lucrative qui pourrait servir de « catalyseur pour la transformation sociale de l'une des communautés les plus pauvres d'Afrique du Sud », selon MRC.

Mystérieux assassinats

Sauf que les ambitions de la société australienne divisent en fait profondément la population locale déchirée entre opposants et partisans de ce projet qui risque de détruire des terres ancestrales. Depuis près de 10 ans, la liste des victimes de ce conflit ne cesse de s'allonger. Avant Sikhosiphi Radebe, d'autres opposants au projet ont été blessés ou intimidés. Plusieurs ont même trouvé la mort mystérieusement.

Aujourd'hui, plus de 100 organisations de la société civile sud-africaine demandent à ce que les autorisations de forer dans la région soient suspendues, jusqu'à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire. L'assassinat du président du comité de crise d'Amadiba a été dénoncé aussi bien par la Chambre des mines que par les syndicats.