Algérie: violences contre des migrants dans la ville de Béchar

Des maisons dans les faubourgs de Béchar, en Algérie (photo d'illustration).
© DeAgostini/Getty Images

En Algérie, une centaine de migrants ont été blessés vendredi 25 mars dans une attaque menée par des habitants de Béchar, une ville à 950 km de la capitale. Les raisons de l'attaque ne sont toujours pas claires, car les autorités n'ont fait aucune déclaration. Les migrants qui vivaient dans ce quartier ont quitté la ville.

Vendredi 25 mars, à l'heure de la prière, des dizaines d'habitants attaquent un ancien marché couvert où vivent des migrants subsahariens. Les migrants sont nombreux dans la ville, notamment parce qu'il y a beaucoup de travail sur les chantiers de construction.

Les habitants déclarent à plusieurs journalistes que des migrants ont essayé d'agresser une petite fille. Mais aucune source judiciaire ou sécuritaire n'est en mesure de confirmer. Une centaine de migrants sont blessés, par arme blanche. Leurs habitations sont pillées puis incendiées.

Vidal
27-03-2016 - Par RFI

« Ils nous jetaient tout ce qu’ils ramassaient. Ils étaient tellement nombreux et nous aussi on leur a relancé les pierres, témoigne Vidal, un Camerounais qui fait partie des victimes. Ils ont commencé à casser tout ce qu’ils voyaient. Et tout cela se passait en la présence de la police. Il y a même certains policiers qui jetaient des cailloux sur nous. »

Selon plusieurs témoignages, les migrants ont tenté d'appeler la police à l'aide, mais leurs appels n'ont pas été pris en considération. Lors de l'intervention des forces de l'ordre, c'est du côté des habitations de migrants que sont tombés les gaz lacrymogènes.

Dans l'après-midi, le calme revient, mais plus d'une centaine de migrants sont emmenés par la police. On leur demande de quitter la ville. Certains partent vers la ville saharienne d'Adrar, d'autres prennent le bus vers la ville du nord d'Oran, sans passer par l'hôpital, de crainte d'être agressés à nouveau.

La ligue des droits de l'homme dénonce la montée d'un racisme et d'une xénophobie insupportable. Début mars, des violences similaires ont eu lieu dans la ville de Ouargla, à 700 kilomètres de là. C'est ce qui avait poussé les autorités à expulser de la ville plus de 2 000 migrants.