Burkina Faso: semaine de la culture sous le signe de la cohésion nationale

Nuit blanche à Ouagadougou, chorégraphie de Serge Aimé Coulibaly, musique de Smockey, en janvier 2015.
© Pierre Van Eechaute

Au Burkina Faso, comme tous les deux ans, la ville de Bobo Dioulasso, dans l’ouest du pays, accueille les meilleurs artistes, stylistes et sportifs à l’occasion de la semaine nationale de la culture. Pour cette dix-huitième édition, placée sous le thème « culture et cohésion nationale », les acteurs du monde culturel ainsi que les autorités politiques souhaitent ouvrir une nouvelle page du pays en mettant en avant les valeurs culturelles de chaque communauté. Il faut dire que le Burkina Faso compte plus de soixante groupes ethniques.

Pour Tahirou Barry, le ministre burkinabè de la Culture, des arts et du tourisme, le thème de cette édition, « culture et cohésion nationale » se veut un appel à l’endroit des Burkinabè afin de sauvegarder leurs valeurs culturelles.

« Ces deux dernières années, notre pays a traversé de graves crises sociopolitiques qui nous ont fait craindre le pire ! Toutefois, grâce à nos référents culturels, nous avons su les transcender et nous retrouver autour de l’essentiel et préserver ainsi notre cohésion nationale », a déclaré le ministre Tahirou Barry.

Pour le rappeur Smockey, la culture est une arme efficace pour rapprocher les communautés et barrer la route à l’extrémisme.

« C’est la culture qui peut relier les gens entre eux. C’est la culture qui peut dépasser les frontières de la timidité, du renfermement sur soi-même pour s’ouvrir aux autres et pour que le terrorisme ne puisse pas gagner ! », a déclaré, pour sa part, le rappeur Smockey.

Plus de 1 300 compétiteurs iront à la conquête des grands prix nationaux dans divers domaines. Mais au-delà de cette compétition, la semaine nationale de la culture est une tribune pour chaque communauté de présenter ce qu’elle a de meilleur dans le domaine de la culture, selon Alif Naba, artiste musicien.

« Mais cette compétition ne se déroule pas dans le sens de " combat ". Elle se situe plutôt dans le sens de mettre, au vu de tous, les cultures de chaque peuple et de chaque région du Burkina », a précisé l'artiste musicien Alif Naba.

Durant toute une semaine, la ville de Bobo Dioulasso vivra au rythme de la danse, la musique traditionnelle et moderne et des sports traditionnels.