Burundi: la famille du Rwandais accusé d'espionnage dément la version officielle

L'homme suspecté d'être un militaire rwandais aurait été arrêté lundi 7 mars sur la colline de Rushenya, dans le nord-est du Burundi, à la frontière avec le Rwanda. Ici, à Bujumbura, 3 février 2016 (Photo d'illustration).
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimama

Les autorités burundaises avaient exhibé à la presse le 12 mars un Rwandais présenté comme un « espion » envoyé pour la troisième fois au Burundi afin de déstabiliser le pays. L'homme qui s'est présenté comme un caporal avait lui-même assuré être entré dans le pays pour une mission d'espionnage. Le porte-parole de l'armée rwandaise avait immédiatement réfuté des « accusations puériles » et démenti tout lien entre l'armée et l'homme arrêté au Burundi. Les proches du présumé militaire assurent que l'homme arrêté au Burundi n'a rien d'un espion.

« Fou » « voleur » « bandit de quartier » bien connu : c'est tel qu'est dépeint Cyprien Rucyahintare chez lui à Mugina. Et l'un des plus virulents critiques est son père. 

Esdras Nsabimana, un agro-éleveur affirme que son fils de 22 ans a disparu la semaine précédant son arrestation au Burundi juste après lui avoir volé un sac de haricots, le dernier d'une longue série de larcins, assure-t-il. « Mon fils n'a jamais été dans l'armée ou côtoyé de prêt ou de loin des militaires, il ne connaît que le vol », affirme-t-il.

A ses côtés, Phocas Uwaritatse l'un des frères de Cyprien, dresse le portrait d'une personne illettrée et psychologiquement instable. « Il ment. Il a sûrement été utilisé par le Burundi dans un contexte de relations tendues entre les deux pays. Peut-être qu'on lui a proposé de l'argent pour ternir l'image du Rwanda », dit-il.

Appuyant les dires de la famille, un responsable local présente un document attestant que Cyprien Rucyahintare a fait face à la justice en août dernier pour un vol. Face à la presse, le présumé espion avait déclaré être né en Ouganda. Faux, assure ce responsable local.

Les membres de sa famille reconnaissent toutefois que le jeune homme se rendait régulièrement au Burundi pour, assurent-ils, rendre visite à sa tante vivant près de la frontière.