Elections en RDC: la majorité se réjouit, l'opposition parle d'un non-événement

Au sujet de l'élection des gouverneurs, Jean-Bertrand Ewanga (au milieu), leader de l'UNC, parle d'un «fait divers». Ici, lors d’un meeting de l'opposition contre la révision de la Constitution, à Kinshasa, le 4 août 2014.
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En République démocratique du Congo, la majorité présidentielle revendique 16 des 20 nouvelles provinces qui ont organisé les élections des gouverneurs samedi 26 mars. Mais l'opposition parle d'un non-événement et d'un vote acheté.

Aux 14 provinces qui ont voté pour des candidats épinglés MP (majorité au pouvoir), la majorité revendique deux autres provinces : le Bas-Uélé et le Kasaï central. Selon elle, ces deux entités ont élu des candidats indépendants mais appartenant à des partis alliés. Membre du bureau politique de la majorité présidentielle, Lambert Mende explique l'exploit de sa famille politique.

« Cela veut dire que la majorité demeure majoritaire, contrairement à ce que certains dissidents ont cherché à faire croire il y a quelque temps. » Quand on lui demande s'il y a eu corruption de députés provinciaux, il répond que « s'il y a des preuves que de l'argent a été distribué, je mets quiconque au défi d'en apporter la preuve et de le porter devant les cours des tribunaux ». Le cas échéant, il s'agirait « d'une infraction à la loi », précise Lambert Mende.

L'opposition s'insurge

Mais l'opposition persiste et signe, à l'image de Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général de l'Union pour la nation congolaise (UNC, opposition) et un des responsables de la Dynamique de l'opposition. « C'est un fait divers, pas un événement, critique-t-il. Les élections telles qu'organisées utilisaient les moyens de l'Etat pour conditionner des électeurs et éliminer des candidats valables ! Le 20 décembre, le nouveau président va corriger tous ces impairs. »

Dans le Nord-Ubangui, un deuxième tour sera organisé cette semaine pour départager une candidate de la majorité et un candidat de l'opposition. Quant au Sud-Ubangui, le gouverneur sera élu dès lors que le contentieux concernant le président de l'Assemblée provincial sera réglé par la Cour d'appel.