Guinée: du rififi à la Haute Autorité de la communication

La Haute autorité de la communication est l'instance chargée de la régulation de la presse.
© CELLOU BINANI / AFP

Depuis le 24 mars dernier, le poste de président de la Haute Autorité de la communication est vacant en Guinée. En conflit avec leur présidente Martine Condé depuis mars 2015, neuf des onze commissaires de l'institution de régulation de la presse ont décidé de lui retirer leur confiance.

La Haute Autorité de la communication (HAC) n’a plus de patronne. Neuf commissaires sur onze ont retiré leur confiance à Martine Condé, jeudi 24 mars, et ont décidé de ne plus la reconnaître comme présidente de l’institution de régulation de la presse.

Cette décision est intervenue au terme d’interminables palabres entre Martine Condé et ses collègues, qui ont conduit à la paralysie totale de la HAC pendant au moins trois mois.

« Nous avons été victimes, depuis mars 2015, d’un management inintelligent qui a abouti à nous conduire dans le mur. Depuis trois à quatre mois, la Haute Autorité de la communication est bloquée. Rien n’a été fait durant ces quatre mois-là », s’insurge le porte-parole des commissaires.

Les frondeurs assurent qu’ils n’étaient pas opposés à l’idée de poursuivre avec Martine Condé aux commandes, affirmant lui avoir adressé de nombreux courriers restés sans suite.

« Après tous ces avis verbaux, nous avons pris la précaution de faire des avis écrits qui n’ont pas eu de réponse. Comme si nous étions des farfelus réunis à la HAC. Après notre dernier courrier, nous avons reçu une réponse nous disant qu’il n’y aura plus de plénière à la HAC ! », explique le porte-parole.

Alors, dans ces conditions, « il vaut mieux fermer la HAC, conclut-il. Si c’est elle-même qui dit qu’il n’y aura plus de plénière, nous l’avons prise au mot. Nous l’avons récusée de ses fonctions de présidente de la HAC. »

Au bout de trente jours, une élection doit être organisée pour élire un nouveau ou une nouvelle présidente. Depuis leur installation en mars 2015, les commissaires de la HAC ont expliqué à la presse avoir travaillé sans salaire.