Les Etats-Unis veulent aider la Tunisie à sécuriser sa frontière avec la Libye

Les forces de sécurité tunisiennes vérifient des véhicules à Ras Jedir, à la frontière avec la Libye, le 22 mars.
© FATHI NASRI / AFP

Le Pentagone vient d'accorder un contrat de 25 millions de dollars à une entreprise américaine pour aider la Tunisie à mieux contrôler sa frontière avec la Libye. Le futur système de surveillance électronique devrait permettre à la Tunisie d’intercepter les jihadistes, notamment ceux de l’organisation Etat islamique, en provenance de Libye.

Le département américain de la Défense s’intéresse de près à la Tunisie, un pays que Washington considère, depuis l’an dernier, comme un « allié majeur non membre de l'Otan », un statut qui permet une coopération militaire renforcée.

Pas étonnant donc qu’une agence du Pentagone, l'Agence pour la réduction des menaces, qu’on surnomme « le bouclier de l’Amérique», se porte à la défense de la Tunisie. Cette agence plutôt discrète a détruit les armes chimiques de la Syrie ; c’est elle aussi, très en pointe sur les armes biologiques, qui investit massivement dans la recherche sur Ebola.

Cette agence vient d’annoncer l’octroi d’un contrat de 25 millions de dollars à une société américaine pour la surveillance électronique de la frontière entre la Tunisie et la Libye, ou l’on a déjà érigé un simple « système d'obstacles, » c’est-à-dire des fossés et des monticules de sables.

Les détails du futur système de surveillance électronique n’ont pas été divulgués. On sait toutefois que le contrat a été octroyé à Aecom, un géant américain du BTP qui peut se vanter d’avoir 100,000 employés dans 150 pays.

L'Aecom connaît bien la Libye pour avoir remporté un contrat de 200 millions de dollars dans le BTP à l’époque ou la Libye était dirigée par un certain Mouammar Kadhafi.

Les raisons pour lesquelles la Tunisie souffre toujours de problèmes sécuritaires sont liés étroitement à des conditions difficiles dans le pays, socio-économiques. (...) Même si on sécurise la frontière, ça ne veut pas dire qu'on va résoudre les problèmes d'intérieur, dans le pays.
William Jordan
27-03-2016 - Par Michel Arseneault