Mali: des Maliens de retour de Libye décrivent des conditions de vie très dures

Parmi les 146 rapatriés, se trouvent des candidats à l’immigration clandestine vers l’Europe, mais surtout des travailleurs sur place.
© (Photo : AFP)

Au Mali, près de 150 ressortissants maliens, dont une trentaine d'enfants et 17 femmes, sont arrivés samedi 26 mars à Bamako, par vol spécial, en provenance de la Libye. Aventuriers, certains y ont été accusés « à tort », disent-ils, par des hommes armés, d'être des terroristes. D'autres ont tout perdu. RFI a recueilli leurs témoignages.

Parmi les 146 rapatriés, se trouvent des candidats à l’immigration clandestine vers l’Europe, mais surtout des travailleurs sur place. Tous décrivent des conditions de vie difficiles, comme cette mère de famille de retour.

« Là-bas, nous sommes en prison. On ne peut pas sortir, on ne peut pas se promener, on ne peut même pas aller à la boutique d’à côté. Sils te trouvent, ils t’attrapent. Juste comme ça, parce que nous sommes noirs. Ils ne les aiment pas », dit-elle.

Des Arabes et des Touarègues maliens, de retour, affirment aussi avoir subi des traitements physiques et dégradants. Certains à cause de leur origine ont même été accusés d’être des terroristes.

« C’était difficile. Nous étions à 200 kilomètres de Tripoli. Celui qui était pris et qui n’avait pas de papiers, était considéré comme un terroriste de Daech. On le prenait et on le gardait », dénonce ce Malien.

Selon les rapatriés, de nombreux autres Maliens, résidant en Libye, souhaitent revenir rapidement au pays. Certains sont en prison et d’autres se cachent, de peur d’être arrêtés.