Congo: l’opposition appelle à contester la victoire de Denis Sassou-Nguesso

Des partisans du candidat Guy Brice Parfait Kolélas, arrivé second de l'élection présidentielle congolaise, le 23 mars 2016 à Brazzaville.
© MARCO LONGARI / AFP

Une semaine après la présidentielle au Congo-Brazzaville, le débat sur la crédibilité du scrutin et de ses résultats bat son plein. L'opposition, qui conteste la victoire du président sortant Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis plus de 30 ans, estime que sa victoire a été volée et appelle le peuple à la revendiquer par des actions légales et pacifiques.

Les résultats de la présidentielle du 20 mars 2016 donnent le président sortant Denis Sassou-Nguesso vainqueur avec 60,39 % des suffrages. Un score en baisse par rapport à ceux de 2002 et 2009, qui étaient respectivement de 85 et 78 %.

Ces résultats restent à confirmer dans les prochains jours par la Cour constitutionnelle. En attendant, l’opposition, qui ne s’avoue pas vaincue et conteste le succès du candidat de la majorité, s’organise pour récupérer sa victoire, qu’elle considère volée.

« On sent qu’on a donné des résultats non sur la base des bureaux de vote, mais sur des gens qui se sont retrouvés autour d’une table pour affecter, soutient l’opposant Okombi Salissa. Quand on regarde toutes les grandes agglomérations, là-bas, ce n’est un secret pour personne, le président Sassou-Nguesso n’a jamais occupé la première place. Ça nous étonne qu’il soit en tête au premier tour et qu’il passe directement. »

Actions pacifiques

Quatre des cinq candidats signataires d’un pacte électoral appellent le peuple congolais à contester les résultats de la présidentielle, par des actions légales et pacifiques, comme une opération « ville morte », des meetings, une grève générale... Ceci, jusqu’au respect du verdict des urnes, précisent-ils.

Même si les opposants excluent tout acte de violence, leur attitude n’est guère appréciée par le pouvoir. Pour Michel Ngakala, membre du bureau politique du Parti congolais du travail, toutes les voies de recours sont connues. Seule la Cour constitutionnelle peut trancher. Michel Ngakala appelle les perdants à accepter le résultat des urnes, arguant que la volonté du peuple est inattaquable.