Tchad: tension toujours vive après la détention de leaders de la société civile

Les forces de sécurité devant le commissariat central de Ndjamena.
© REUTERS/Moumine Ngarmbassa

Au Tchad, des chefs de partis politiques ont demandé à être incarcérés, par solidarité avec quatre figures de la société civile, détenues depuis jeudi. Ces quatre personnes sont accusées notamment de tentative d’atteinte à l’ordre public, après avoir appelé à manifester contre la candidature du président Idriss Déby pour un cinquième mandat. La demande d’incarcération a été rejetée par les autorités pénitentiaires, mais les leaders de partis politiques ne baissent pas les bras pour autant.

Le samedi 26 mars, un peu après 8 h, une vingtaine de chefs de partis politiques arrivent devant la maison d’arrêt, où ils demandent à se constituer prisonniers, en solidarité avec les leaders de la société civile incarcérés depuis le jeudi 24 mars.

Une discussion est alors engagée avec le patron de la prison. Les échanges vont durer près d’une heure. Ensuite, les chefs de partis vont observer une trêve en attendant l’arrivée des autorités.

Ce sont finalement des responsables de la sécurité qui arrivent et obtiennent la levée du siège, en échange d’une rencontre avec le médiateur national et le procureur de la République. Cependant, pour Aladoum Djarma, ce n’est pas fini :

« Nous nous sommes dits que nous nous constituions prisonniers après 24 heures, à la date du 25. Aujourd’hui, nous sommes venus. Nous n’avons pu, c’est vrai, mais rien ne dit que demain on ne le pourra, puisque la lutte continue et que le débat est ouvert », dit-il.

Et d'ajouter : « Si on rencontre le procureur, si on rencontre aussi le médiateur et que nous n’obtenons pas satisfaction, on sera obligé de passer à la vitesse supérieure de notre exigence. Même s’il faut pousser les agents à la faute, on va les pousser et ils finiront par nous garder. »

Samedi, dans un communiqué de presse, le collectif « Ça suffit » a annoncé le maintien du mot d’ordre de grève sèche, à partir du mardi 29 mars – lundi étant férié –, mais aussi une marche pacifique pour le 5 avril, au lieu du 29 mars.