RDC: les FARDC prises pour cible dans le Nord-Kivu

Des membres des FARDC dans le Nord-Kivu, en mai 2014
© AFP PHOTO/STRINGER

En République démocratique du Congo, c'est un week-end difficile qu'ont connu les soldats de l'armée régulière au Nord-Kivu. Les Forces armées de RDC (FARDC) ont été prises pour cible par des combattants armés des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans le Masisi, à proximité de deux camps de réfugiés qu’elles protégeaient. Le bilan est de quatre morts dans les rangs des forces gouvernementales.

L'armée congolaise reconnait avoir eu des pertes ces derniers jours dans des attaques contre une coalition de groupes armés, dont les rebelles hutus rwandais des FDLR. 4 morts parmi les soldats congolais contre 12 du côté des assaillants. Dans le territoire de Masisi, à Mpati et ses environs où vivent quelque 30 000 déplacés. Les FARDC mettent en cause les déplacés eux-mêmes alors que le gouvernement provincial réclame la fermeture des camps.

Première attaque, vendredi, contre une position de l'armée et premiers coups de feu. Les humanitaires évacuent la zone, les déplacés fuient. Il faut dire que ces camps de déplacés sont entourés par des groupes armés au point que la police s'est retirée. Cinq des sous-commissariats ont fermé dans cette portion du territoire du Masisi suite à des attaques.

« On attaque les groupes armés sans distinction »

Des opérations conjointes de l'armée congolaise et de la police ont été annoncées en début du mois pour combattre ces groupes armés comme l'APCLS, les Nyatura ou même les FDLR. « On attaque les groupes armés sans distinction », explique le porte-parole de l'armée congolaise au Nord-Kivu / Opération Sukola II. « Il n'est pas étonnant qu'ils se coalisent pour tenter de résister, mais ils ont échoué », ajoute-t-il.

Des renforts ont été envoyés et les affrontements se sont poursuivis jusqu'à ce lundi. La Monusco est absente de cette zone. Les humanitaires n'osent pas revenir sans de plus amples informations sur leur sécurité. Mais l'armée accuse les déplacés et les camps de servir de base arrière. Deux militaires auraient été capturés et même détenus dans l'un de ces camps.

Au sein de la communauté humanitaire, on craint des manipulations, sans être à même de démentir, alors que le gouvernement provincial a déjà accusé les déplacés d'être des criminels et fermé un camp de déplacés du Masisi par la force.

Nos forces sont en train de mener des opérations dans l’est du pays. Des opérations contre des forces négatives.
Général Léon Richard Kasonga, porte-parole des FARDC
28-03-2016 - Par Kamanda Wa Kamanda