Mali: à Kidal, un forum pour la paix sans les autorités

Si les rebelles étaient bien présents, aucune délégation du pouvoir n'avait fait le déplacement depuis Bamako.
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Lundi à Kidal, ville du nord contrôlée par la rébellion, un forum pour la réconciliation nationale s’est ouvert. Si un leader politique malien est venu du Sud pour assister à la rencontre, le gouvernement malien et les groupes armés pro-gouvernementaux n'étaient pas représentés, comme ils l'avaient annoncé.

A la cérémonie d’ouverture du Forum, plusieurs centaines de personnes venues du Mali et des pays voisins, notamment de camps de réfugiés, étaient présentes.

Présence également remarquée de représentants locaux de la mission de l’ONU au Mali, mais pas de représentants de l’Etat malien, ni de représentants des groupes armés pro-gouvernementaux. Ainsi il s'agissait plutôt d'un forum de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), c’est-à-dire de la rébellion.

La libre circulation, une « priorité »

L’un des porte-parole des rebelles, Alghabass Ag Intalla, a pris la parole, un peu comme s’il voulait faire comprendre que les portes du dialogue n’étaient pas fermées malgré l’absence de délégués du gouvernement malien. Il a réaffirmé son attachement à l’application de l’Accord d’Alger avant de remercier Bamako pour son appui à l’organisation du forum. « La libre circulation des biens et des personnes dans le Nord reste une priorité », a-t-il ajouté.

Mais la vedette du jour était bien docteur Oumar Mariko. Leader du parti politique Sadi, enfant terrible de la classe politique malienne, député à l’Assemblée nationale, il est plutôt de la mouvance présidentielle, mais il n’hésite pas, quand il le veut, à violemment critiquer le pouvoir malien. A Kidal, il a pris la parole : « Je regrette l’absence du gouvernement malien à la rencontre », a-t-il déclaré à RFI.