La politique d'exploitation minière en Afrique du Sud pointée du doigt

Une vue de la mine de Bathopele du groupe minier britannique Anglo American, à Runstenburg, en Afrique du Sud.
© AFP PHOTO / MUJAHID SAFODIEN

Le meurtre d'un militant pour la protection de l'environnement a relancé le débat sur la politique d'exploitation minière dans le pays. La semaine dernière, Sikhosiphi «Bazooka» Rhadebe a été abattue de huit balles par des inconnus. Il était le président du Comité de crise d'Amadiba. Et luttait depuis des années contre les projets d'une compagnie minière australienne dans la province du Cap oriental. Pour cette communauté, le meurtre de leur leader est lié à leur opposition à ce projet.

D'un côté, une centaine de villageois de la région d'Amadiba, une des côtes les plus préservées du pays. De l'autre, une compagnie minière australienne, MRC, qui veut extraire du titane du sable des plages de la région. Le bras de fer dure depuis des années et a profondément divisé la communauté.

Ceux en faveur de l'exploitation, dont un chef tribal, argumentent que cela créerait des emplois dans une région parmi les plus pauvres du pays. Ceux opposés répliquent que l'extraction sur vingt mètres de profondeur détruirait les terres ancestrales, et nécessiterait notamment de déplacer les corps de leurs ancêtres.

Selon John Clarke, qui assiste le Comité de crise d'Amadiba, les tensions et notamment les intimidations et les tentatives de corruption durent depuis des années. « Ils l'ont répété, encore, et encore et encore : ils ne veulent pas d'exploration minière sur la terre de leurs ancêtres. Mais le gouvernement laisse cette compagnie australienne - qui est connue pour ces violations des droits de l'homme, pas seulement en Afrique du Sud, mais dans le monde - continuer à faire pression sur la population. Donc la question n'est pas ce que veulent les villageois, mais comment faire confiance en un gouvernement dans la gestion de l'exploitation minière n'est discutable ? », s'interroge-t-il finalement.

Pour le Comité de crise d'Amadiba, le meurtre de leur leader est lié à leur opposition à ce projet. La compagnie minière, elle, a répondu par un communiqué n'être en aucun cas responsable. Quant au gouvernement, il a dépêché une délégation sur place. Le ministère des Mines a indiqué que la demande d'exploitation était toujours en cours d'examen.