Tchad: début d’une grève illimitée dans l’administration publique

Une rue de Ndjamena au Tchad.
© Getty Images/Anthony Ham

Au Tchad, l’administration publique s’apprête à vivre une grève sèche et illimitée à partir de ce mardi. Une grève à l’appel de l’Union des syndicats du Tchad, membre de la Coalition de la société civile « Ça suffit », qui milite contre une candidature du chef de l’Etat à la présidentielle du 10 avril prochain.

La grève générale et illimitée qui commence ce mardi a pour objectif principal la libération de Mahamat Nour Ahmat Ibedou, Nadjo Kaina Palmer, Younous Mahadjir et Céline Narmadji, comme l’explique l’un des porte-parole de la Coalition « ça suffit » : « Tant que nos camarades ne seront pas libérés, la grève générale ne sera jamais levée. Nous avons voulu demander à nos militants d’observer scrupuleusement cette grève, de faire en sorte que cette pression-là soit sentie par le gouvernement pour faire en sorte que nos camarades soient libérés ».

Pour le porte-parole de la direction de campagne du candidat Idriss Déby Itno, Mahamat Hissène, l’attitude de la société civile est incompréhensible : « Si les syndicats veulent agir en lieu et place de la Céni (Commission électorale) et du Conseil constitutionnel, c’est d’abord à ces instances étant donné leur appréciation. Et il y a des autorités dans ce pays qui sont chargées également de nous garantir la quiétude, la sécurité pour une bonne campagne et des élections propres. Pour le moment, notre campagne continue normalement ».

Le procès des quatre leaders de la société civile, placés sous mandats de dépôt, le jeudi 24 mars, alors qu’ils s’apprêtaient à organiser des manifestations contre la candidature du chef de l’Etat, est prévu pour le 31 mars.