Cameroun: à Yaoundé, l’opposition interdite de conférence de presse

Vue du centre de Yaoundé.
© wikipedia

Des dizaines de leaders politiques de l'opposition, leurs militants et même des journalistes ont été interpellés, mardi 29 mars à Yaoundé au siège du MRC. Les premiers avaient convié les médias à une conférence de presse interdite et violemment réprimée par la police.

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le Parti du peuple camerounais (CPP), l'Union des populations du Cameroun des fidèles (UPC) et le parti Univers, ces quatre formations d’opposition avaient donné rendez-vous mardi 29 mars aux journalistes pour une conférence de presse dont l’intitulé était « Debout pour le Cameroun ».

Sur les lieux, au siège du MRC, un important dispositif policier les y avait précédés, les autorités prétextant la tenue d’une manifestation illégale. « Le sous-préfet arrivé a intimé l’ordre qu’on soit dispersés. Tous les leaders ont été aspergés par les canons, puis [ont reçu] du gaz lacrymogène. Ils ont été copieusement tabassés. C’était affreux », rapporte Patrice Sado de l’UPC des Fidèles.

Indignation sur les réseaux sociaux

Toute la journée, des photos de ces personnalités politiques, assises à même le sol sur la chaussée, encadrées par des dizaines de policiers, ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux. Un traitement qui a suscité de nombreux commentaires indignés sur l’impossibilité pour les acteurs de l’opposition de tenir des manifestations publiques.

« Ils parlent d’autorisation. Ils parlent de demandes, de déclaration qui sont impropres. Impropres pourquoi ? Ce n’est pas équilibré. Eux seuls ont tous les droits, fulmine un membre de l’opposition. Je vous mets au défi : avant la fin de la semaine prochaine, je vais aller déposer une déclaration de manifestation pacifique dans toutes les sous-préfectures de Yaoundé. Et on verra s’ils vont me l’autoriser. » Les leaders et leurs militants ont finalement tous été libérés en début de soirée.