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Libye

Libye: les appels au départ de Fayez el-Sarraj se multiplient à Tripoli

Le Premier ministre libyen Fayed el-Sarraj lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 30 mars 2016.
© REUTERS/Ismail Zitouny

En Libye, le chef du gouvernement d'union nationale soutenu par l’ONU est arrivé mercredi à Tripoli. Les autorités qui contrôlent de capitale l'ont aussitôt sommé de partir. Fayez el-Sarraj, qui était arrivé en bateau de Tunisie, se trouve actuellement à la base navale de Tripoli. Cependant, dix villes de l'ouest de la capitale ont appelé les Libyens à « soutenir » le gouvernement Sarraj.

Fayez el-Sarraj, le président du conseil présidentiel, ne contrôle pour l’instant que la base navale de Tripoli. Dès son arrivée mercredi soir, il a été accueilli par des coups de klaxon, mais également des tirs d’armes automatiques.

Ce jeudi, la situation reste tendue. Plusieurs écoles étaient fermées. Les habitants de Tripoli redoutent des affrontements entre les partisans du nouveau gouvernement et les milices qui contrôlent encore la capitale, notamment son aéroport international, lui aussi fermé. Le Parlement de Tripoli, ouvertement opposé à Fayez el-Sarraj, voit d'un mauvais œil son arrivée à Tripoli. Son Premier ministre l’a qualifié « d’intrus ». Il l’a même sommé de se rendre. Le grand mufti de Tripoli est allé plus loin en prônant le jihad contre le nouveau gouvernement d’union nationale s’il ne faisait pas demi-tour.

L'ONU, les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Italie et la France ont salué l'arrivée de Fayez el-Sarraj pour sortir la Libye du chaos et faire face à la montée en puissance du groupe armé Etat islamique. L'émissaire de l'ONU en Libye, Martin Kobler, s’est félicité du « courage » du chef du gouvernement. Jeudi matin, sur son compte Twitter, Martin Kobler, a affirmé que ceux qui faisaient obstacle aux nouvelles autorités faisaient obstacle au peuple libyen.

Cette installation d’un nouveau gouvernement à Tripoli pourrait-elle accélérer une intervention étrangère en Libye ? Beaucoup d'observateurs pensent que la communauté internationale ne pourra rien faire pour rétablir la paix en Libye, ni même attaquer les positions libyennes du groupe Etat islamique, tant que le nouveau gouvernement ne « tiendra » pas Tripoli. C'est pour cette raison d’ailleurs que les adversaires du nouveau Conseil présidentiel le décrivent comme le pantin des Occidentaux.

Quelles sont les forces en présence?

Avant d’envisager une éventuelle intervention internationale, les nouvelles autorités doivent d’abord commander la capitale et, plus particulièrement la Banque centrale et la compagnie nationale de pétrole. Une des milices qui contrôlent d'importantes installations pétrolières a d'ailleurs annoncé qu'elle se ralliait au gouvernement d'union nationale.

Lorsque Fayez al-Sarraj est arrivé en bateau de Sfax, en Tunisie, mercredi soir, il a pris ses quartiers sur la base navale de Tripoli. Le président du conseil présidentiel, l’homme qui n’est soutenu par ni l’un ni l’autre des Parlements libyens, peut au moins compter sur la Marine. Selon des sources, à Tripoli, sa sécurité est aussi assurée par des éléments du ministère de l’Intérieur qui ont fait défection et quelques combattants berbères.

De son côté, le Parlement de Tripoli, qui lui est ouvertement hostile, peut faire appel aux milices de la coalition Aube de la Libye, notamment au Front al-Samoud, l’une des très nombreuses brigades de Misrata, un fief de la révolution libyenne. Ce groupe armé, fidèle à Salah Badi, un ancien membre du groupe islamiste Wafa, s’est retiré du centre de Tripoli pour prendre position au sud de la capitale après l’arrivée de Fayez al-Sarraj.

Hier soir, une télévision libyenne a montré des images d’habitants de Tripoli brandissant des pancartes et drapeaux, scandant des slogans, pour montrer leur soutien au gouvernement d’union nationale. Par ailleurs, dans un communiqué publié sur Facebook, dix villes de l'ouest de la Libye, situées entre Tripoli et la frontière avec la Tunisie, appellent tous les Libyens à « soutenir le gouvernement d'union nationale ». Ces dix villes dont les principales sont Sabratha, Zawiya et Zouwara saluent l'arrivée du nouveau gouvernement et l'appellent à « mettre fin immédiatement à tous les conflits armés dans l'ensemble de la Libye ».

Il faudra plus que des slogans pour réconcilier les deux gouvernements libyens sous l’égide d’un troisième déjà contesté.

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