RDC: le sort incertain des déplacés dans les camps du Nord-Kivu

Une femme déplacée avec son enfant devant les FARDC au Nord-Kivu (juillet 2012).
© AFP PHOTO/PHIL MOORE

En RDC, alors que les Nations unies viennent de reconduire le mandat de la Monusco, la force déployée dans le pays, le sort des réfugiés et déplacés des camps de Mpati et Kivuyé, dans la province du Nord-Kivu, continue d'inquiéter. Ces derniers jours, des affrontements entre des groupes armés et des militaires congolais ont été signalés. Les FARDC accusent les déplacés d'être complices des assaillants. Le gouvernement du Nord-Kivu réclame la fermeture des camps. Et les Nations unies, malgré un mandat de protection des civils, ne sont toujours pas intervenues.

Près de 30 000 personnes sont déplacées dans une zone de conflit, considérées comme belligérants par l'armée congolaise et à la merci des groupes armés. Une zone où la Monusco n’est pas présente, comme le confirme le porte-parole de la mission, Prosper-Felix Basse : « Nous ne sommes pas présents à Mpati. Nous avons délocalisé nos bases pour des urgences. Je pense que nous vous avions aussi parlé d’une chose, c’est l’accord technique pour la reprise de la coopération qui stipule clairement que les FARDC pourraient demander un soutien à la Monusco. Ceci n’a pas été fait. »

La Monusco se dit préoccupée par cette situation, tout comme le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), mais sans pouvoir apporter de réponse claire. « Le HCR a depuis longtemps poursuivi un plaidoyer auprès des autorités pour la protection des sites. Qu’est-ce qui s’est passé en détail dans ces incidents-là qui ont eu lieu dans les derniers jours ? Ça restera à déterminer. Comme je dis, nous, on n’a pas accès pour le moment », explique Andreas Kirchhof, porte-parole du HCR.

La résolution 2277, qui vient d'être adoptée au Conseil de sécurité de l’ONU, comme les précédentes, insiste sur l'importance de protéger les civils et notamment les déplacés et les réfugiés. Or les camps de Mpati et de Kivuye ne sont pas les seuls à être localisés sur des sites dans le Masisi où l'armée et les groupes armés sont susceptibles de s'affronter, prévient un expert sur le Congo.