Burundi: arrestation de l'humoriste Kigingi

L'humoriste Kigingi sur scène.
© capture d'écran

Nouveau signe de l'intolérance de plus en plus grandissante au Burundi : un célèbre humoriste burundais a été arrêté il y a quatre jours par le Service national de renseignement (SNR), alors qu'il était à l'intérieur du pays. Alfred-Aubin Mugenzi a été arrêté pour un sketch sur le président Pierre Nkurunziza, qu'il avait lancé en juin 2015, alors qu'il se produisait au Rwanda voisin, au tout début de la profonde crise que traverse le Burundi et qui est née de sa décision de briguer un troisième mandat.

Ce jour-là Alfred-Aubin Mugenzi plus connu sous son nom de scène Kigingi, avait dit en riant qu'il espérait que la vidéo de ce sketch n'atterrirait jamais à Bujumbura. Mais depuis quelques jours, il circulait sur les réseaux sociaux.

Et dans ce sketch, Kigingi raconte devant un public conquis comment Pierre Nkurunziza, grand amateur de football devant l'Eternel, refuse de quitter le terrain après avoir reçu un deuxième carton jaune, en expliquant que même pour la présidence du Burundi il a brigué un troisième mandat malgré la Constitution qui le lui interdisait.

Dix mois plus tard, le célèbre humoriste burundais et animateur de radio ne pensait plus à cette soirée lorsqu'il a été arrêté mardi soir à Muramvya, dans le centre du Burundi, au cours d'une tournée de promotion d'une bière locale.

Les agents de ce service, qui dépend directement de la présidence du Burundi, l'ont transféré, les bras liés dans le dos par une corde, vers l'un de leurs centres de détention à Bujumbura dès le lendemain, selon des témoins.

Depuis lors, sa famille qui a tout fait pour avoir de ses nouvelles était morte d'inquiétude, car depuis le début de la crise au Burundi, tortures, disparitions forcées et exécutions sommaires sont devenues monnaie courante dans ce pays, selon les organisations des droits de l'homme et l'ONU.

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Contacté par RFI, un des grands responsables de ces très redoutés services secrets burundais a confirmé jeudi l'arrestation de l'artiste pour « outrage à chef d'Etat », en laissant entrevoir une possibilité de sa libération « pour cette fois ».

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