Côte d’Ivoire: les violences criminelles, fléau dans le pays

En Côte d'Ivoire, il ne se passe pas une semaine sans que la presse nationale ne fasse état d'agressions de «microbes», des affrontements entre communautés.
© Pascal Le Segretain/Getty Images

En Côte d'Ivoire, il ne se passe pas une semaine sans que la presse nationale ne fasse état d'agressions de « microbes », des affrontements entre communautés suite à des problèmes fonciers ou d'autres braquages plus ou moins violent grâce à la circulation d'armes. Les morts de Bouna, le démantèlement d'un gang à Port-Bouët où la mort d'un chef « microbe » à Abobo en sont les illustrations récentes, tandis qu'une équipe d'universitaires de Bouaké vient justement de rendre une synthèse sur les violences criminelles dans le pays.

Les sociologues et criminologues des universités de Bouaké et d’Abidjan, après avoir planché sur le sujet, en viennent au même constat : les conflits armés successifs, la croissance urbaine mal maîtrisée et des inégalités sociales croissantes ont conduit au phénomène de criminalité urbaine que l'on connait aujourd'hui en Côte d’Ivoire.

Pour Francis Akindès sociologue, coordinateur de cette étude : « Les jeunes commencent par se mettre au cœur de cette violence parce qu’il y a des facteurs favorables. C’est des jeunes qui ont du mal à s’autonomiser qui, à partir des quartiers précaires, s’organisent pour arracher à la société, ce qu’ils considèrent être leur part que l’on ne leur reverse pas. Ca, c’est le discours des “microbes”, qui sont des gangs de jeunes entre 10 et 16 ans, 18 ans au maximum ».

Le système répressif peut riposter dans l'urgence à la jeune criminalité urbaine, mais la prévention est l'unique moyen de se prémunir contre une criminalité plus grave qui menace depuis peu la Côte d’Ivoire, selon Francis Akindès : « La radicalisation, qui conduit à des actes jihadistes, prospère dans des environnements comme ceux dans lesquels évoluent ces jeunes. Or, ces jeunes, leur vie ressemble à leur mort, ils sont dans des dispositions d’esprit à s’engager dans ce type de mouvement. Si on n’encadre pas tout de suite ces environnements et que l’on ne met pas en place des mécanismes de prévention, il va falloir aller très vite pour espérer l’endiguer. Sinon elle va se transformer ».

Travail de prévention des pouvoirs publics pour endiguer une violence encore plus destructrice, tant que des jeunes désœuvrés et déscolarisés seront livrés à eux-mêmes en Côte d'Ivoire, la violence urbaine ne faiblira pas conclut les sociologues.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.