Le Conseil de sécurité de l'ONU vote le principe d'une police au Burundi

Le Conseil de sécurité de l'ONU en réunion.
© REUTERS/Brendan McDermid

Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté à l’unanimité vendredi 1er avril une résolution, présentée par la France, qui doit faciliter le déploiement d’une force de police au Burundi. Mais les négociations ont été très difficiles. Washington s’est opposé jusqu’à la dernière minute à un texte que les Américains jugeaient trop imprécis.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

La résolution votée ne prévoit pas formellement le déploiement d’une force de police au Burundi. Elle demande par contre au secrétaire général Ban Ki-moon de revenir devant le Conseil de sécurité de l’ONU dans les quinze jours avec des « options » pour le déploiement de ces policiers.

« Nous avons besoin que les Nations unies soient davantage présentes sur le terrain », a affirmé François Delattre, ambassadeur de France à l'ONU, devant le Conseil. Cette résolution aidera la communauté internationale « à réagir rapidement pour éviter le pire », a-t-il poursuivi.

Nombre d'experts à définir

La résolution prévoit notamment « le déploiement d'une contribution policière onusienne pour accroître la capacité des Nations unies à suivre la situation sécuritaire, promouvoir le respect des droits de l'homme et à faire avancer l'état de droit ». Selon des diplomates, cette force de police serait constituée principalement d’experts et d’observateurs dont le rôle et le nombre restent à définir. Les Français espèrent voir une centaine de policiers rejoindre Bujumbura. Mais l’ambassadeur burundais à l’ONU a laissé entendre devant les journalistes que son pays ne tolérerait au maximum qu’une vingtaine ou une trentaine de policiers experts ou observateurs. C'est sur ce point crucial que Paris et Washington sont surtout en désaccord : les Américains sont partisans d’envoyer une force massive pour éviter un génocide alors que les Français jugent qu’une présence mesurée de l’ONU sur place peut permettre de trouver une solution pacifique à la crise.

Les Américains se sont opposés jusqu’à la dernière minute à ce projet de résolution proposée par les Français. Ils ont mis en avant le langage trop imprécis de la résolution originale qui appelait l'ONU à aider les Burundais sur les questions de désarmement. Washington a jugé cette clause trop ambiguë alors que le gouvernement de Pierre Nkurunziza a lancé une campagne de désarmement contre les membres de l'opposition. La version finale de la résolution ne fait plus référence à ce désarmement.

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