RDC: la situation dans le parc des Virunga suscite encore des tensions

Le parc national de Virunga en RDC
© AFP/ALAIN WANDIMOYI

L'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) dénonçait il y a quelques jours sur RFI les incitations, via des hommes politiques ou des groupes armés à occuper illégalement le parc des Virunga. L'ICCN a d'ailleurs porté plainte. L'un des cas les plus graves, ce serait l'installation de déplacés hutus congolais dans l'ancienne localité de Kigaligali. Il y a une quinzaine de jours, l'armée congolaise et des gardes du parc ont mis fin à cette occupation illicite, mais la manière employée créé la polémique sur fond de rivalités politiques et de tensions ethniques.

Les milliers d'habitants de Kigaligali ont tout perdu. Les maisons, les champs, tout a été brûlé, dénonce le président de l'assemblée provinciale du Nord-Kivu. Pour Jules Hakizumwami, cette expulsion par la force est illégale et motivée par une assimilation entre des déplacés hutus congolais et les rebelles hutus rwandais, les FDLR, qui ont encore des positions dans le parc des Virunga. Lui assure que le village de Kigaligali est sur le domaine de chasse que l'ICCN a redonné en gestion au chef de groupement local.

« C'est faux », rétorque l'Institut congolais pour la conservation de la nature. « Kigaligali 1 est bien dans le domaine de chasse, c'est une occupation illégale mais tolérée vu le fort envahissement du domaine de chasse. Mais Kigaligali 2 est dans le parc et c'était le bastion d'une nébuleuse de groupes armés, FDLR et Nyatura », explique le directeur de la communication de l'ICCN au Nord-Kivu, Joël Wengamulay.

L'ICCN dément également avoir participé activement à l'opération. Cinq gardes du parc auraient uniquement orienté les militaires. Du côté des FARDC, on parle bien d'une opération conjointe. « Nous, on a délogé les groupes armés, mais c'est l'ICCN qui s'est chargé des populations civiles qui occupaient illégalement le parc », explique l'un des porte-paroles de l'armée.

Une autorité congolaise précise pour sa part que les militaires et les gardes de l'ICCN ont été surpris de découvrir des bâtiments « en dur » à l'intérieur du parc. Il cite le nom du ministre du Développement rural comme le bienfaiteur de Kigaligali. « C'est Eugène Serufuli qui a insisté ces populations à s'installer illégalement », dénonce cette autorité.

Dans l'entourage du ministre et l'une des figures de la communauté hutu au Nord-Kivu, on dément toute volonté d'occupation illicite, mais on parle d'un retour de déplacés organisé et connu de tous, hors des limites du parc.