Tchad: l’opposition s’inquiète d’un possible trafic de cartes d’électeur

Un bureau de vote au Tchad.
© AFP PHOTO / Gael COGNE

La campagne pour l’élection présidentielle se poursuit au Tchad, où le premier tour de scrutin doit se tenir ce dimanche 10 avril. Le président Idriss Deby, au pouvoir depuis 1990, brigue un nouveau mandat. Le contexte est particulièrement tendu avec quatre représentants de la société civile qui ont été arrêtés il y a quinze jours et qui sont toujours en détention. L'opposition craint que le scrutin ne soit pas transparent. Et ce dimanche, un homme soupçonné d'acheter des cartes d'électeurs a été arrêté par des militants de l'opposition.

Dimanche en début d’après-midi, des militants d’un parti d’opposition se rendent compte de la présence d’un homme près d’une file d’attente à Atrone dans le 7e arrondissement de Ndjamena. Plusieurs personnes lui laissent leur carte d’électeur. L’homme soupçonné de préparer la fraude est arrêté et conduit au commissariat, mais il sera relâché plus tard.

Selon la police qui a interrogé le suspect, il s’agissait d’une simple opération de distribution de tee-shirts et de casquettes à l’effigie du président sortant. Mais le distributeur voulait s’assurer que les bénéficiaires étaient bien des électeurs, d’où la collecte des cartes d’électeurs à des fins de vérification.

Les cartes sont rendues à leurs propriétaires à la fin de l’opération, explique la police, qui dit avoir relâché le mis en cause en début de soirée. Des explications qui ne convainquent pas du tout l’opposition, qui explique qu’il s’agit là d’un échantillon de la fraude électorale qui se prépare dans la perspective du scrutin du 10 avril prochain.