RDC: pour HRW des enfants sont illégalement détenus dans la prison d’Angenga

En RDC, les enfants détenus à la prison d’Angenga sont soupçonnés d’appartenir aux rangs des rebelles FDLR.
© AFP PHOTO/ Tony KARUMBA

L’ONG Human Right Watch vient de publier un nouveau rapport-choc sur la prison militaire d'Angenga en République démocratique du Congo. C'est là que près de 300 présumés FDLR ont été transférés depuis l'an dernier et restent détenus sans suite judiciaire. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, au moins 29 d'entre eux sont des enfants, détenus avec des adultes dans des conditions très difficiles et en violation des règles du droit international.

Pour Human Rights Watch, il faut que ces enfants soient immédiatement séparés des adultes et libérés. L'organisation de défense des droits de l'homme déplore que la mission des Nations unies au Congo ne soit pas intervenue avant. Elle est pourtant informée de cette situation depuis octobre. Une dizaine de ces enfants ont même transité par la Monusco qui les a remis aux FARDC sans faire le suivi de la situation. La Mission onusienne n'a envoyé une mission conjointe avec le gouvernement que mi-mars juste avant la publication du rapport de Human Rights Watch.

Autre sujet de préoccupation : comme l'avait déjà relevé le groupe d'experts des Nations unies, des dizaines de détenus ont affirmé à HRW être de simples civils, autochtones ou déplacés, raflés ou dupés, expliquent-ils, par les forces de sécurité et présentés comme des FDLR. « Pourquoi sont-ils détenus sans suite judiciaire depuis l'an dernier alors qu'ils devraient être démobilisés ? », s'interroge en tout cas l'ONG américaine.

L'organisation de défense des droits de l'homme appelle également le gouvernement congolais à formellement inculpé Séraphin Nzitonda, dit Lionso, un officier FDLR qui se trouve à Angenga et qui est soupçonné par la justice congolaise d'avoir participé à une campagne de viols de masse dans le territoire de Walikalé en 2010. Près de 400 femmes et filles avaient été violées en quelques jours. La justice militaire congolaise ne semblait pas au courant qu'il était détenu.

La Monusco déclare avoir eu connaissance du dossier en février seulement

Mise en cause par le rapport de Human Rights Watch, la Monusco dément les affirmations de l'ONG. Selon cette dernière, la Mssion des Nations unies au Congo était informée de cette situation depuis octobre, mais n'a réagi qu'à la veille de la publication du rapport. Une dizaine d'enfants ont même transité par la Monusco qui les a remis aux FARDC sans faire le suivi de la situation affirme l'ONG. Ce que réfute Charles Bambara, directeur de l'information publique de la Monusco :

à l'issue de cette mission de vérification (dans la prison d'Agenga) nous avons pu déterminer qu'il y avait quelques enfants et nous avons aussitôt demandé au gouvernement de nous les remettre... en début de semaine prochaine, ces 22 enfants (identifiés) seront retirés de cette prison et remis à l'Unicef pour qu'il les prenne en charge.

Charles Bambara: «Nous avons été officiellement informés par HRW à la mi-février... et nous avons organisé une mission conjointe»
06-04-2016 - Par Laura Martel

 

 

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