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Madagascar

Madagascar: dix ans de crise dans les logements universitaires

Vue aérienne de l'université d'Antananarivo.
© Source : Google Maps

A Madagascar, un conflit oppose depuis plus de dix ans l'organisme en charge de la gestion des logements étudiants de la capitale aux étudiants de l'université d'Antananarivo. Les raisons de ces différends sont multiples : occupations illégales des chambres estudiantines par des non-étudiants, non-paiement des loyers quasi généralisé, attribution des logements en dehors des circuits officiels. Sur les 6 000 places que comptent les résidences, 3 000 sont occupées illégalement.

A chaque tentative d'« assainissement » des cités universitaires, les associations d'étudiants montent au créneau et finissent toujours par avoir le dernier mot. Cette fois, l'administration s'est résolue à adopter une nouvelle approche pour tenter de régler ce problème.

Jemima vit avec son mari et sa fille, dans un vétuste 8 m². Quatre ans qu'ils logent dans cette chambre d'étudiant, sans qu'aucun d'eux ne soit étudiant. Sur le campus de l'Université d'Antananarivo, 50% des locataires sont dans ce cas-là : « Je sais que je suis illégale ici, mais c'est très pratique pour nous, car on n'est pas très riche. Le loyer n'est pas cher : on paie au Croua [Centre régional des œuvres de l'université d'Antananarivo] 700 ariarys par mois ; l'eau et l'électricité sont gratuites ».

700 ariarys, soit 20 centimes d'euro. Une recherche d'emploi qui s'éternise. Trop pauvres pour aller vivre ailleurs, dans la capitale. Les raisons invoquées par ces « illégaux » pour justifier leur présence sont multiples. Mais à cause de ces pratiques, chaque année, ce sont plus de 1 000 « vrais » étudiants qui se retrouvent sans logement.

Une situation que déplore Noro Ramiaranjakaharimanana, planificateur au sein du Croua : « Il faut déloger ceux qui ne sont pas étudiants. En novembre dernier, nous n’avons pas pu terminer le recensement des clandestins parce que les étudiants sont en colère contre nous. Alors au deuxième semestre de cette année, nous allons organiser un atelier par lequel nous pouvons avoir des solutions pour normaliser la gestion des cités universitaires ».

A cet atelier, seront invités les responsables administratifs, mais aussi, et surtout, les associations étudiantes de résidents, leaders habituels des protestations. Pour arriver au compromis, le Croua ferait mieux d'avoir une offre de relogement à proposer, car difficile de croire qu'une table ronde d'échanges de bonnes pratiques pourra résoudre plus de dix ans de conflits et de trafics de logements.

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