Congo-Brazza: les bombardements dans le Pool, une «diversion» selon l’opposition

L'opération de police viserait le fief du révérend Ntumi (ici en juin 2008). L'opposition y voit une manipulation de l'opinion.
© AFP PHOTO / Guy Gervais Kitina

Le président de la plateforme d’opposition IDC-Frocad, Charles Zacharie Bowao, voit dans les bombardements en cours dans le Pool une tentative de détourner l’attention de l’opinion, après la récente réélection contestée du président Denis Sassou-Nguesso.

La situation est toujours très tendue au Congo-Brazzaville suite à la réélection contestée du président Denis Sassou-Ngesso. Dans un communiqué, Charles Zacharie Bowao, ancien ministre de la Défense et aujourd'hui président de l'IDC-Frocad (Initiative pour la démocratie au Congo et Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique), la principale plateforme de l'opposition, demande la fin des « bombardements en cours dans le Pool », département du sud du pays.

La situation était assez confuse, ce jeudi 7 avril, mais ces derniers jours, plusieurs sources ont confirmé que des hélicoptères pilonnaient les fiefs de l'ex-chef rebelle, le révérend Ntumi, qui avait soutenu un candidat d'opposition lors de la présidentielle et que les autorités accusent d'avoir attaqué Brazzaville lundi 4 avril. Il y aurait des victimes civiles, on ignore combien. Une source officielle parle d'une « opération de police ciblée ».

« Ce n'est pas normal »

« Brutalement, on se met à bombarder dans le Pool des populations civiles qui sont dans la désolation complètement, des gens qui courent à gauche, à droite. On ne peut même pas leur apporter une assistance humanitaire. Ce n’est pas normal ça », s’insurge Charles Zacharie Bowao qui dénonce cette méthode et demande à Denis Sassou-Nguesso de « privilégier la voix » plutôt que de « persister dans la logique déshonorante des armes ».

« Le gouvernement aurait pu mettre en place une équipe d’enquête, et à partir de là, puisqu’il y a des gens qui ont été arrêtés semble-t-il, informer l’opinion nationale et internationale de ce qu’il se passait. Il faut que le gouvernement arrête cette opération et que nous nous asseyions pour voir quels sont les problèmes qui se posent aujourd’hui, puisque le ministre de l’Information a lui-même reconnu que ce qui se passe est lié assurément à l’élection présidentielle. Donc il ne faut pas créer une atmosphère d’état d’urgence pour éviter les débats de fond qui se posent dans ce pays. »

« Denis Sassou-Nguesso veut s'accrocher au pouvoir »

M. Bowao accuse le pouvoir d'avoir organisé une diversion pour couper court à toute contestation de l'élection, au moment même où la Cour constitutionnelle validait les résultats de l'élection.

« Je pense (…) qu’il s’agit de gens qui ont été organisés par le pouvoir pour créer cet état de trouble pour permettre à la Cour constitutionnelle de valider les résultats du scrutin du 20 mars en faveur du candidat Denis Sassou-Nguesso, dans une atmosphère d’état de siège qui ne dit pas son nom, soutient-il. Monsieur Denis Sassou-Nguesso a perdu cette élection. Tout le monde le sait. Il veut s’accrocher au pouvoir. Voici la réalité. Et à partir de là, il faut créer cette atmosphère à la fois d’insalubrité publique pour donner l’impression qu’il y a des gens sortis on ne sait d’où, et qui veulent faire la guerre. »

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