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RDC

RDC: plus de 35 000 déplacés forcés par l’armée de quitter leurs camps

Dans le village de Kibumba, dans le Nord-Kivu, à proximité de la frontière entre la RDC et le Rwanda, le 23 avril 2015.
© AFP PHOTO/FEDERICO SCOPPA

En République démocratique du Congo (RDC), l'armée congolaise est-elle en train de déplacer, par la force, des milliers de personnes qui ont déjà été déplacées au Nord-Kivu ? Ces dernières semaines, trois camps de déplacés ont été vidés de leur population, à commencer par celui de Mpati, puis celui de Kivuye et, jeudi 7 avril, celui de Bweru. Selon l'ONU, ce sont au moins 35 000 personnes qui ont été affectées.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a reçu des rapports d'allégations de tirs entendus pendant l'évacuation de ces camps de déplacés. Ces fermetures forcées interviennent alors que les autorités congolaises ont annoncé, en mars, leur volonté de les fermer.

Pour justifier cette décision, les autorités disent soupçonner que certains groupes armés comme les Nyatura ou les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) vivent dans ces camps. Joint par RFI, Andreas Kirchhof, porte-parole du HCR en RDC, indique que plus de 35 000 personnes ont été forcées de quitter leurs camps.

« Nous sommes très préoccupés par la situation parce qu’il y a beaucoup de civils - des femmes et des enfants vulnérables - qui ont dû fuir leur camp et qui n’ont pas d’autres options "secures". L’armée a donné un message très clair aux habitants en leur ordonnant de vider le site mais ces gens n’ont pas vraiment d’endroits où ils peuvent rentrer », a alerté Andreas Kirchhof avant d’ajouter que ces personnes se sont réfugiées dans des villages ou encore dans des champs se trouvant à côté des sites.

« On estime à plus de 35 000, le nombre de personnes qui ont quitté les camps. Le dernier site vidé, Bweru, hébergeait déjà des gens qui avaient quitté l’autre camp préalablement fermé. C’est en fait un déplacement en chaine pour la population », a dénoncé porte-parole du HCR en RDC qui estime que la bonne approche n’est pas celle de vider un site de toute la population, y compris les civils qui n’ont rien à voir avec cela, mais serait plutôt celle d’organiser « une fouille d’armes pour savoir s’il y a des éléments armés » dans les sites en question.

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