Les Burkinabè jugent les 100 jours du président Kaboré

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le 7 avril 2016 à Paris.
© JACQUES DEMARTHON / AFP

Au Burkina Faso, les mouvements de la société civile livrent leur appréciation de la gouvernance du pays, cent jours après l’élection de Roch Marc Christian Kaboré. Au cours d’une conférence de presse, vendredi 8 avril, le mouvement Le balai citoyen a constaté une « illisibilité dans les actions de gouvernance du nouveau pouvoir », qui selon le porte-parole de l'organisation, peine réellement à affirmer ses marques. C’est d’ailleurs ce que pensent de nombreux Burkinabè, même si certains estiment qu’il faut accorder davantage de temps au nouveau gouvernement. Micro-trottoir dans les rues de Ouagadougou.

Les Burkinabè restent divisés sur le bilan du président Roch Marc Christian Kaboré après 100 jours passés à la tête du pays. Qu’ils soient étudiants ou commerçants, ces citoyens rencontrés à Ouagadougou estiment que le gouvernement cherche toujours ses marques : « Comparativement à l’année passée, on remarque qu’il n’y a pas trop de délestage. Hormis cela, on ne sent pas le changement en tant que tel. En matière de sécurité, nous ne faisons que nous enfoncer davantage. »

« Des actes concrets devraient être posés de sorte que la population sente que le président a fait quelque chose au moins de façon positive qui puisse les amener loin. » Mais encore, selon cette personne, « je ne vois pas un changement comme ça. Je vois une certaine continuité de ce que le président Blaise (Compaoré) faisait. »

D’autres estiment qu’il est trop tôt pour apprécier les actions de Roch Marc Christian Kaboré et son équipe, après 27 ans de gestion du pays par Blaise Compaoré et une année de transition très agitée : « Cen jours, ce n’est pas assez pour dire que le président Roch n’a rien fait ou dire qu’il a fait quelque chose. Depuis qu’il est venu au pouvoir, il y a eu des difficultés. Donc c’est difficile d’avoir une visibilité de sa politique. »

« C’est trop tôt. C’est après les audits que les ministres pourront au moins arrêter quelque chose », achève celui-ci. Pour juger l'action du président, les mouvements de la société civile et les populations attendent avec impatience les suites judiciaires de plusieurs dossiers brûlants, dont celui de Norbert Zongo, Thomas Sankara et des martyrs de l’insurrection populaire.

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