Kenya: déportations de Taïwanais en Chine

Le Premier ministre chinois Li Keqiang à l'issue de sa conférence de presse avec le président kenyan Uhuru Kenyatta, à Nairobi, le 10 mai 2014.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Taïwan proteste vigoureusement contre l’expulsion, par le Kenya, de huit de ses ressortissants vers la Chine continentale. Taipei s’est séparée de Pékin en 1949 mais la Chine considère toujours Taïwan comme une île rebelle qui reviendra un jour dans son giron. Le ministre des Affaires étrangères taïwanais parle de kidnapping et affirme que Pékin a fait pression sur la police kenyane pour que les huit Taïwanais lui soient remis.

Tout commence en novembre 2014 quand la police kényane arrête 28 Taïwanais et 49 Chinois. Ils sont accusés d’être entrés illégalement dans le pays et d’avoir mis en place un système de fraude téléphonique.

Mardi dernier, 23 des 28 Taïwanais et 14 Chinois sont jugés non coupables par un tribunal kényan. C’est alors que, selon Taipei, Pékin manoeuvre pour retarder l’annonce de cette décision au diplomate taïwanais compétent, basé en Afrique du Sud. Lorsque celui-ci arrive enfin au Kenya, 8 Taïwanais ont déjà été embarqués dans un vol South China Airlines à destination de la Chine.

Ils ont été ainsi embarqués de force par une police kenyane sur laquelle Pékin aurait fait pression, affirme Taipei qui a déposé une protestation diplomatique auprès de Pékin et qui demande, à Nairobi, de libérer les quinze Taïwanais restants.

Le Kenya, comme la quasi-totalité des pays dans le monde, ne reconnait pas Taïwan mais bien la République populaire de Chine. Ces dernières années, Nairobi s’est fortement endettée vis-à-vis de Pékin qui lui a encore accordé, la semaine dernière, un prêt de 530 millions d’euros pour combler son déficit budgétaire.

Il y a trois semaines, la banque mondiale mettait le Kenya en garde contre ces emprunts chinois qui le pousseraient vers un niveau de dette impossible à tenir.