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Nigeria

Nigeria: découverte d’un charnier dans le sud-est du pays

Manifestation le 18 novembre 2015 dans les rue d'Abia, au sud-est du Nigeria, pour lancer un appel à la libération du militant indépendantiste Nnamdi Kanu.
© AFP/Pius Utomi Ekpei

Au Nigeria, les Services de renseignements intérieurs (DSS) affirment avoir découvert 55 corps dans une forêt du sud-est du pays, dans l'Etat d'Abia. Cette forêt est connue pour être le bastion du Peuple indigène du Biafra (Ipob), un groupe qui mène le mouvement indépendantiste biafrais.

Après la découverte de ce charnier, le DSS accuse les indépendantistes biafrais du Peuple indigène du Biafra (Ipob), dont le chef Nnamdi Kanu est détenu depuis le mois d'octobre. Un autre mouvement favorable à l'indépendance du Biafra, le Mouvement pour l'actualisation de l’Etat souverain du Biafra (Massob), soutient l'Ipob contre les accusations du gouvernement.

Et pour Vincent Hiribarren, spécialiste du Nigeria au King's College London, les informations du gouvernement nigérian dans ce dossier sont d’ailleurs à prendre avec des pincettes : « Il y a des mouvements indépendantistes qui sont assez actifs. Il y en a un qui a été créé en 1999 quand la démocratie est revenue au Nigeria qui s’appelle le Mouvement pour l’actualisation de l’Etat souverain du Biafra, l’acronyme en anglais est Massob. »

« Ce mouvement, poursuit Vincent Hiribarren, a des tactiques plus pacifistes que d’autres mouvements plus récents. Ils ont par exemple fait des campagnes pour réactualiser les drapeaux, pour donner des passeports du Biafra. Et plus récemment, il y a eu ce mouvement qui s’appelle Ipob, un acronyme qui veut dire les Peuples indigènes du Biafra, qui lui a des tactiques beaucoup plus violentes, qui n’hésite pas à faire face à la police. Et ce d’autant plus que leur dirigeant a été mis en prison. Il y est toujours d’ailleurs.Et ils n’hésitent pas donc à faire des actions coup-de-poing contre la police et l’armée dans le sud-est du Nigeria ».

Le mouvement indépendantiste biafrais connaît en effet un regain d'activité depuis l'élection de Muhammadu Buhari l'an dernier indique encore ce spécialiste du Nigeria : « Ils vont donc ouvrir le feu sur la police, ils vont aussi mettre le feu à des bâtiments qui sont perçus comme ceux de l’Etat nigérien, mais aussi comme des bâtiments qui peuvent exprimer le fait que d’autres Nigérians sont présents sur le territoire. Ils ont mis le feu à une mosquée par exemple en décembre 2015. C’est donc aussi une forme de révolte contre tout ce qui représente le Nigeria. »

« Le Biafra a perdu la guerre, officiellement en 1970. Ils ont complètement été écrasés par la machine nigériane dans les années 70, 80, 90. Donc ils n’ont pas eu le temps de s’exprimer. Maintenant, le retour à la démocratie a inauguré une sorte de retour des revendications. Par exemple, le nord du Nigeria a vu tous ces débats sur le retour de la charia. Et dans le sud-est du Nigeria, donc l’ancien Biafra, c'est pareil », explique Vincent Hiribarren.

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