Sénégal: le trafic routier vers la Casamance ne passe plus par la Gambie

Camion de transport au Sénégal.
© Getty Images

Au Sénégal, les chauffeurs de bus ne veulent plus traverser la Gambie. Les représentants des transporteurs effectuant la liaison entre Dakar et le sud du pays affirment qu'il est plus facile de rejoindre la Casamance en empruntant la voie de contournement sénégalaise plutôt qu'en utilisant le bac gambien. Le Sénégal et la Gambie, enclavée à l'intérieur du territoire sénégalais, sont toujours en froid depuis l'augmentation soudaine de la taxe douanière par le président gambien, passée de 4 000 francs CFA à 400 000 il y a deux mois. Depuis, aucun véhicule ne passe au niveau de la transgambienne reliant les deux pays.

Avec notre correspondante à Dakar, Lou Garçon

A la gare dakaroise de Grand Yoff, un bus est sur le départ, direction la Casamance, mais sans passer par la Gambie. Elisabeth Gomis est sur le point d'embarquer : « Je suis tellement contente que l'on passe par Tambacounda, par la voie de contournement sénégalaise. Parce que quand on passe par la Gambie, c'est beaucoup de tracasserie et d'argent à sortir : il faut payer le transport, la traversée, payer pour se coucher, pour boire. Je préfère mille fois rester au Sénégal plutôt que de passer par la Gambie ».

Début février, le président gambien Yaya Jammeh augmente soudainement la taxe douanière à la frontière pour les transporteurs sénégalais : de 4 000 francs CFA la tonne elle passe à 400 000 quel que soit le tonnage. Cette décision est très vite suivie d'un appel au boycott par les camionneurs, puis du blocage de la frontière pour tous les véhicules. Depuis, les transporteurs utilisent la voie de contournement sénégalaise.

Les Sénégalais contents du contournement

Les chauffeurs y trouvent leur compte à l’image de Adiouma Faye, un conducteur de bus depuis 38 ans qui vient de rentrer de Casamance : « On a découvert que la route était bonne, vraiment. Il ne reste que 29 km qui soient encore en chantier, avec beaucoup de poussière, et là c'est plus difficile. Pour moi c'est mieux et c'est plus rapide que de passer par la Gambie ».

Prendre la route sénégalaise c'est faire plusieurs centaines de kilomètres de plus qu'en empruntant le bac en Gambie, mais finies les heures, parfois les jours passés à attendre l'ouverture de la frontière. Les premiers à en souffrir ce sont les Casamançais, comme l’explique Chérif Sambou Bodian, coordinateur du Collectif pour le désenclavement et le développement de la Casamance : « On se sent vraiment emprisonnés dès qu'on est en Gambie. C'est mieux que le Sénégal dispose d'une voie de contournement, que le Sénégalais qui veut quitter une région vers une autre région ne soit pas obligé de passer des [heures] en territoire étranger. Rester au Sénégal, de Dakar jusqu'en Casamance quoi ».

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