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Comores

Gouverneurs des Comores: le parti au pouvoir battu dans deux îles sur trois

Scrutin du dimanche 10 avril 2016 à Moroni, aux Comores.
© IBRAHIM YOUSSOUF / AFP

L'attente se prolonge aux Comores, trois jours après le second tour du scrutin présidentiel. Mais on votait également, dimanche 10 avril 2016, pour les gouverneurs de l'archipel. Si les Comores sont une république, avec un président à sa tête, chacune des trois îles est considérée comme autonome et élit son propre dirigeant. Or, les résultats des gouvernorales sont arrivés pour deux îles, et ils ne réussissent pas au parti au pouvoir. Sur Anjouan en revanche, aucun résultat. La tension est forte.

Un candidat de l'Union pour le développement des Comores (UPDC) était présent dans chacun des trois duels du second tour des gouvernorales de dimanche dernier. A l'arrivée, deux de ces duels ont échappé au parti au pouvoir.

En Grande Comore, l'UPDC a perdu : 38 % pour Hamada Moussa, contre 62 % pour Hassani Hamadi, élu nouveau gouverneur. Un total de 100 %, atteint sans tenir compte des 6 000 bulletins nuls pourtant annoncés par la Commision électorale insulaire (CEI).

Défaite de l'UPDC à Mohéli aussi, où la Première dame du pays, Hadidja Aboubacar, n'a remporté que 37 % des suffrages face à Mohamed Saïd Fazul, élu gouverneur aussi.

A Anjouan, le flou après les élections

En revanche, les résultats de l'île d'Anjouan ne sont toujours pas connus officiellement, alors que le délai maximal de la CEI pour les communiquer a expiré mardi soir à minuit.

De nombreux incidents et heurts ont eu lieu sur place depuis le scrutin. Les cafouillages observés au premier tour devaient être évités grâce à de nouvelles dispositions, mais cela n'aura pas suffi.

Les tensions se concentrent autour du siège de la Commission électorale insulaire de l'île, où des militants du parti d'opposition Juwa ont jeté des cailloux et bloqué des routes. Des militaires ont été envoyés pour sécuriser les lieux. A l'intérieur : une délégation du Juwa menée par le candidat du parti au poste de gouverneur.

Vouani, autre point de crispation

Le candidat du Juwa, Salami Abdou, réclame des explications sur la disparition de plusieurs procès-verbaux. En fait, ces procès-verbaux se trouvent en Grande Comore. Ils ont été envoyés avec les documents concernant la présidentielle, qui doivent quant à eux être décomptés dans la capitale.

Autre point de tension sur Anjouan : la localité de Vouani, où le vote avait dû être suspendu pendant plusieurs heures après des violences. Juwa réclame l'annulation du vote dans deux bureaux. Mais la Commission électorale ne l'envisage pas, assurant avoir tout fait pour que le scrutin puisse reprendre dans de bonnes conditions.

Les deux bureaux en question représentent tout de même plus de 6 000 électeurs. Donc, si le scrutin de dimanche s'avère serré, le fait d'annuler ou non ces bureaux pourrait faire basculer les résultats.

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