Concessions des ports de Lomé et Conakry: perquisition au siège de Bolloré

Le président togolais Faure Gnassingbé (G) et Vincent Bolloré (D) inaugurent la première Blue Zone à Lomé.
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La tour Bolloré, en région parisienne, a été perquisitionnée vendredi dernier, le 8 avril. Les policiers de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales se sont rendus au siège du groupe industriel français, dans le cadre d'une enquête sur les conditions d'octroi des concessions des ports de Conakry et de Lomé.

L'information judiciaire est ouverte depuis deux ans, dans ce dossier. Et si elle était restée jusqu'ici plutôt discrète, c'est que l'affaire ne vise pas directement le groupe de Vincent Bolloré.

Au départ, il s'agit d'une enquête sur la société Pefaco, un groupe spécialisé dans l'hôtellerie et très implanté en Afrique. Le président de Pefaco, Francis Perez, est un homme de réseaux... et, parmi ses relations, il y a un certain Jean-Philippe Dorent, cadre dirigeant de la société de communication Havas qui, elle, est détenue à 60% par Vincent Bolloré.

Or, Havas s'est occupé en 2010 des campagnes présidentielles d'Alpha Condé et de Faure Gnassimbé. La même année, le groupe Bolloré remportait la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé. Et, en 2011, Alpha Condé résiliait le contrat de concession du port de Conakry (pourtant négocié pour 25 ans), et le confiait à Vincent Bolloré... Des décisions qui, à chaque fois, ont été contestées par les concurrents de l'industriel français.

Dans un communiqué remis à l'AFP, le groupe Bolloré assure avoir « cessé toute communication politique depuis 2011 ». Et son avocat affirme que faire un lien entre les campagnes présidentielles et l'attribution des marchés de concessions « n'est pas crédible » et « relève du fantasme »...