Droits de l'homme en RDC: l'ONU pointe un «rétrécissement de l’espace politique»

Tribunal de Goma: jeunes militants rassemblés pour soutenir leurs camarades avec des pancartes « Free Lucha », le 22 février 2016. Le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme avait été le premier à réagir et condamner le verdict.
© RFI/Sonia Rolley

Le mois de mars qui vient de s'écouler a vu l'élection des gouverneurs et vice gouverneurs dans les nouvelles provinces du pays. Dans son rapport du mois de mars, le bureau des Nations unies aux droits de l’homme en RDC relève une importante augmentation du nombre de cas de violations des droits humains dans le pays. Une hausse attribuée essentiellement aux agents de l’Etat.

332 cas en février, 410 au mois de mars. L’augmentation est « extrêmement inquiétante » selon les Nations unies. Les provinces les plus touchées restent celles de l’est du pays : le Nord-Kivu et l’Ituri surtout. Mais le rapport fait aussi état d'une centaine de violations dans les provinces de l'ouest.

Parmi les responsables, sont cités l'ensemble des groupes armés et notamment les combattants des Forces de résistance patriotique de l’Ituri. Mais le bureau des Nations unies affirme surtout que les premiers responsables sont les forces de sécurité. Le rapport cite la police, l’armée et les renseignements, responsables de 65 % des violations recensées. Des violations qui ont fait 388 victimes pendant ce seul mois de mars dont 29 exécutions sommaires et extra-judiciaires.

« Rétrécissement de l'espace politique »

« Ce qui est extrêmement inquiétant, déclare José Maria Aranaz, directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux Droits de l'homme en RDC (BCNUDH), c’est le nombre élevé de violations à caractère politique, signe d'un rétrécissement de l’espace politique ». Au gouvernement, qui a annoncé son intention de lancer une nouvelle opération de police contre les gangs dans les quartiers de Kinshasa, José Maria Aranaz rappelle que la lutte contre la délinquance doit se faire dans le respect des droits de l’homme. « Les erreurs du passé ne doivent pas se répéter ».

Fin janvier, le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme avait déjà pointé une augmentation dramatique du nombre de violations des droits de l’homme en République démocratique du Congo avec 64% de violations de plus en 2015 par rapport à 2014. Le bureau s'inquiétait de cette tendance s’ouvrait une année électorale en RDC, celle-ci menaçant la crédibilité du processus électoral.
 

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