Le photographe malien Malick Sidibé, «l’œil de Bamako», est mort

Le photographe malien Malick Sidibé, « l’œil de Bamako », est décédé le 14 avril 2016. Ici en juillet 2006 à Plouha, sur la côte bretonne, où il réalisa des portraits des gens du village à l’invitation d’une association.
© ANDRE DURAND / AFP

Malick Sidibé, grand photographe malien, s'est éteint jeudi 14 avril au soir à Bamako, à l'âge de 81 ans, des suites d'un cancer. Celui qui, avec Seydou Keita, incarnait la photographie populaire africaine, avait reçu en 2003 le Prix de la photographie Hasselblad et un Lion d'or à la biennale d'art contemporain de Venise en 2007. Il était considéré comme un « trésor national » au Mali.

On le surnommait « l'œil de Bamako ». On aurait pu tout aussi bien l'appeler « le sourire malien » tant il rayonnait malicieusement derrière son Rolleifleix, l'appareil avec lequel il réalisait la plupart de ses portraits.

Les délices de la chambre noire

Né en 1935, Malick Sidibé ne se destinait pas à la photographie, mais plutôt au dessin et à la bijouterie, qui lui furent enseignés à l'École des artisans soudanais dans les années 1950.

Comme souvent, c'est une rencontre qui lui a révélé les délices de la chambre noire, sa rencontre avec Gérard Guillat, dit « Gégé la pellicule ».

Le fameux « studio Malick »

Malick Sidibé décore sa boutique de photos et en retour, le Français l'embauche comme apprenti. On est en 1956 et deux ans plus tard, Malick Sidibé ouvre sa propre boutique, le fameux « studio Malick », dans le centre de Bamako.

Les portes du studio sont fermées par un gros cadenas triste. Sur les murs, les rayures blanches et noires renforcent l'atmosphère de deuil. Malick Sidibé ne se voyait pas comme un artiste mais comme un photographe de quartier, proche des gens. Et c'est bien ce dont témoignent ces habitants...
Reportage dans le mythique studio du quartier de Bagadadji
15-04-2016 - Par David Baché

Alors que son aîné Seydou Keïta se spécialise dans les portraits aristocratiques et bourgeois d'hommes et de femmes richement parés, Malick Sidibé se spécialise plutôt sur les classes moyennes. Il deviendra rapidement la coqueluche d'une jeunesse débridée et le pivot des fêtes bamakoises.

De la reconnaissance internationale à la jeune génération d'aujourd'hui

Le Mali vit l'allégresse de l'indépendance et Malick Sidibé sait capter comme personne l'insouciance de la jeune nation. Il se spécialise aussi dans les photos de femmes prises de dos et son studio devient rapidement un lieu d'inventivité artistique.

La reconnaissance internationale viendra dans les années 1990, avec les Rencontres photographiques de Bamako. L'Europe le vénère au début des années 2000. Aujourd'hui, Malick Sidibé est considéré comme un maître par la jeune génération, à l'instar du portraitiste sénégalais Omar Victor Diop.

Le photographe malien Malick Sidibé, « l’œil de Bamako », est décédé le 14 avril 2016. Ici en juillet 2006 à Plouha, sur la côte bretonne, où il réalisa des portraits des gens du village à l’invitation d’une association. © ANDRE DURAND / AFP

 

Dans une interview réalisée en 2008, Malick Sidibé explique sa façon de faire de la photographie.
15-04-2016 - Par José Marinho

► Lire aussi : André Magnin : «Malick Sidibé est un monument de la photographie»

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