Tunisie: affrontements entre manifestants et policiers à Kerkennah

Un barrage mis en place par les manifestants à Laataya, sur l'île de Kerkennah, le 15 avril 2016.
© FETHI BELAID / AFP

En Tunisie, un calme précaire est revenu à Kerkennah, une île située au large de Sfax, dans l'est du pays. Hier, dans la nuit, des affrontements ont éclaté entre des habitants et les forces de l'ordre. Jets de pierre contre gaz lacrymogène. On n'enregistre pas de blessés, mais la tension est toujours palpable sur l'île. Ce mouvement de colère ne date pas d'hier et trouve son origine dans la dégradation de la situation sociale des jeunes à Kerkennah.

Vendredi soir, la route principale était toujours bloquée et des centaines de manifestants étaient rassemblés dans plusieurs localités des îles Kerkennah. La veille, des affrontements avaient éclaté devant le port de Sidi Youssef. Une partie des habitants a fait face à la police pour empêcher l'entrée de camions appartenant à l'entreprise Petrofac sur l'île.

Les protestataires auraient jeté des pierres, installé plusieurs barrages faits de troncs d'arbres et de blocs de pierre. La police, elle, a fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser et faire passer les camions de Petrofac.

Cette compagnie pétrolière britannique exploite des gisements au large de l'île. Elle est au cœur d'une contestation sociale qui a pris de l'ampleur depuis le début du mois, avec notamment l'évacuation forcée d'un rassemblement qu'avaient organisé des jeunes devant les locaux de la société. Ils protestaient contre la remise en cause d'un vieil accord salarial entre Petrofac et l'État tunisien. Ils souhaitent notamment que les bénéfices réalisés par l'entreprise profitent davantage à la population des îles Kerkennah. À cette occasion, deux jeunes avaient été arrêtés. C'est pour protester contre leur détention qu'une partie des habitants se sont soulevés jeudi.

Les pneus brûlés et les pierres sont toujours visibles aujourd'hui dans les rues de Kerkennah. Le ministère de l'Intérieur dit déplorer la dégradation de véhicules et de bâtiments de la garde nationale. De nombreux habitants, eux, dénoncent la réaction « disproportionnée » des forces de l'ordre hier, ce que dément le ministère de l'Intérieur qui parle d'une riposte graduée.

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