Ethiopie: émotion après le massacre de Gambella par une tribu sud-soudanaise

Le camp de réfugiés sud-soudanais de Kulé, dans la région de Gambella en Ethiopie.
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Vendredi dernier, un raid meurtrier, mené par une tribu sud-soudanaise dans le sud-ouest de l'Ethiopie, a suscité une vague d'indignation à Addis-Abeba. Le Premier ministre éthiopien est même intervenu publiquement, en personne, pour fournir un nouveau bilan.

C'est le visage grave, sur les antennes de la télévision nationale dimanche soir, que le Premier ministre éthiopien a fourni ce nouveau bilan : 208 morts, tous tués de sang-froid par des tirs de Kalachnikov, et 102 enfants kidnappés. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière enregistrée dans cette région frontalière du Soudan du Sud depuis des années.

Il faut dire que la région de Gambella est une région fragile. Et beaucoup à Addis-Abeba craignent, donc, une contagion de la guerre civile qui a ravagé le Soudan du Sud ces trois dernières années.

Une attaque « massive »

Les raids de groupes armés de la tribu Murlé sont récurrents dans cette zone forestière, où vivent dans des villages de huttes des Ethiopiens d'ethnie nuer, mais qui abrite aussi plus de 270 000 réfugiés sud-soudanais qui ont fui les violences dans leur pays. Depuis plusieurs années, des commandos de ces tribus antagonistes capturent du bétail et des enfants en bas âge, pour servir dans leurs rangs ou dans leurs familles.

Mais l'attaque de vendredi était exceptionnelle et « massive », a souligné le Premier ministre éthiopien. Hailemariam Desalegn n'a toutefois pas précisé si l'armée éthiopienne avait fait usage de son droit de suite et traversé la frontière sud-soudanaise. Mais il a assuré avoir consulté Juba pour éventuellement, a-t-il dit, « mener des opérations communes ».