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Libye: les nouvelles autorités soumises à la bonne volonté des milices armées

Sécurité à l'entrée des bureaux du gouvernement, à Tripoli, le 14 avril 2016.
© REUTERS/Ismail Zitouny

Le Parlement de Tobrouk a de nouveau reporté le vote sur les nouvelles autorités parrainées par l'ONU. Prévu par les accords politiques signés au Maroc le mois dernier, le vote est censé permettre au gouvernement dirigé par Fayez al-Sarraj d’asseoir son autorité et surtout mettre fin à une paralysie institutionnelle. La Libye est dirigée par deux entités rivales depuis deux ans. Trois membres du nouveau gouvernement d’union se sont installés dans leurs ministères lundi. Les chancelleries occidentales multiplient leurs marques de soutien, en témoigne une réunion consacrée à la Libye au Luxembourg hier. Mais la sécurité des membres du nouveau gouvernement dépend des milices.

Deux milices gardent la base navale Abu Sittah où sont installés le chef du gouvernement Fayez al-Sarraj et son cabinet pour travailler et dormir. L'équipe de Sarraj a annoncé que trois ministres de second rang allaient s'installer cette semaine dans leurs bâtiments officiels, et ceux-ci sont aussi sécurisés par des milices.

Les premiers pas des nouvelles autorités sont donc permis par la bienveillance de groupes armés aux intérêts divergents. Les Nations unies s’étaient assurées de leurs bonnes dispositions avant d’encourager Fayez al-Sarraj à poser ses valises dans la capitale Tripoli.

Une milice a tout de même attaqué la maison du vice-Premier ministre Ahmed Miitig le week-end dernier dans la foulée des visites éclair des chefs de la diplomatie française et allemande. Il s’agissait semble-t-il d’un règlement de compte avec la milice qui protège sa maison. Bilan de l’accrochage : deux ou trois morts, selon les sources.

Et puis l’aéroport international de Tripoli est toujours sous le contrôle d’une brigade islamiste opposée aux nouvelles institutions.

Même les optimistes le reconnaissent, le nouvel édifice est précaire et fragile tant il dépend en partie de la bonne volonté des nombreux groupes armés de Libye. L’Union européenne et l’Otan sont prêtes à accompagner le pays dans la réforme de son appareil sécuritaire. L’Otan a proposé de dépoussiérer un programme dessiné il y a plus de deux ans.

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