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Mali: la Minusma enquête après la mort de deux manifestants à Kidal

Des véhicules de la Minusma sécurisent l'aéroport de Kidal.
© RFI / David Baché

La tension ne retombe pas à Kidal, dans le nord du Mali, où lundi, deux personnes ont été tuées. Une manifestation anti-Barkhane avait tourné à la mise à sac de l'aéroport de la ville et les casques bleus chargés de sécuriser les lieux avaient dû répliquer. Sur place, une enquête diligentée par la Mission des Nations unies a commencé. Un nouveau rassemblement a eu lieu ce mardi 19 avril, mais cette fois sans débordements.

Les ex-rebelles de la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad), qui contrôlent la ville, étaient cette fois présents pour encadrer le rassemblement qui n'a pas dégénéré, comme le confirment des témoins joints au téléphone à Kidal.

Lundi, des femmes avaient protesté contre des arrestations effectuées par la force française Barkhane. Rejointes par des jeunes, le rassemblement avait dégénéré. Bilan : deux manifestants tués.

Les enquêteurs de la Mission des Nations unies se sont quant à eux mis au travail : le recueil des témoignages, l'analyse également des photos et des images vidéos prises pendant la manifestation a commencé.

Qui a tiré ?

La Minusma assure qu'elle assumera ses responsabilités, quelles que soient les conclusions de l'enquête. Mais pour le moment, il s'agit toujours « d'identifier la provenance des tirs ». En clair, de répondre à cette question : est-ce que ce sont les casques bleus qui ont tué les deux manifestants, ou est-ce que d'autres personnes pourraient avoir fait usage d'armes à feu pendant la manifestation ? La Minusma assure que certains étaient munis, au moins, de cocktails Molotov.

« Cette manifestation est devenue rapidement très violente. Des cocktails Molotov ont été remarqués. Donc il est important de comprendre qu'est-ce qui a déclenché tout ça. Quel a été le rôle et la réactions des casques bleus ? Si la responsabilité de la Minusma est engagée, la mission assumera toutes ses responsabilités », assure Olivier Salgado, porte-parole de la Minusma.

Du côté de la CMA, on l'assure : « Les manifestants n'avaient pas d'armes, ils n'ont pas pu tirer », affirme un porte-parole des ex-rebelles.

Depuis mardi, en tout cas, la piste de Kidal est à nouveau fonctionnelle. Et en attendant les conclusions de l'enquête, la Minusma a engagé des discussions avec les chefs traditionnels à Kidal, les ex-rebelles de la CMA et les autorités maliennes pour tenter d'apaiser la situation.

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