Soudan du Sud: l'arrivée de Riek Machar à Juba encore repoussée

Riek Machar et le président sud-soudanais Salva Kiir lors de la signature d'un accord de paix, le 9 mai 2014, à Addis Abeba.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Après un report lundi 18 avril, Riek Machar a de nouveau repoussé son retour à Juba ce mardi. Le premier vice-président désigné devait prendre ses fonctions dès son arrivée, étape cruciale de l'accord de paix signé entre sa faction le SPLA-IO (In opposition) et le gouvernement du président Salva Kiir. Un retour qui est attendu à Juba avec un mélange d'espoir et d'appréhension. Mais mardi soir, la confusion régnait toujours et les informations étaient contradictoires quant aux raisons de ce nouveau retour manqué.

Ce mardi 19 avril, comme la veille, la presse et les officiels ont patienté des heures à l'aéroport de Juba guettant l'avion de Riek Machar attendu dans la capitale sud-soudanaise pour prêter serment. Mais le vice-président désigné n'est pas venu. Il n'aurait pas quitté son QG de Pagak dans l'est du pays.

Et depuis lundi matin l'un des porte-parole de Riek Machar a du mal à répondre aux questions agacées des journalistes qui font le pied de grue sur le tarmac de l'aéroport de Juba, guettant l'avion en provenance de l'est.

Mercredi « si tout va bien »

Après avoir invoqué lundi des « problèmes logistiques » comme cause d'un premier report, William Ezekiel était bien en peine de trouver une autre explication ce mardi. Bien en peine aussi de donner une nouvelle date tout en laissant entendre que le problème porterait sur l'autorisation de vol à accorder au chef d'état-major rebelle, Simon Gatwetch Dual, sous le coup de sanctions onusiennes. Selon le communiqué d'un autre porte-parole rebelle, Riek Machar pourrait atterrir ce mercredi « si tout va bien ».

Mais le gouvernement, lui, a une autre version. Lors d'une conférence de presse, le ministre de l’Information, Michael Makuei, a affirmé que Riek Machar aurait exigé de rentrer avec 200 hommes et un « arsenal » comprenant des missiles à visée laser et des mitrailleuses lourdes, ce qui contreviendrait aux dispositions prévues par l'accord de paix signé en août 2015.

Stratégie ou jeu d'egos ?

A Juba, la confusion règne. « Est-ce une stratégie ? Si oui de qui ? De l'opposition ou du gouvernement ? S'interroge un chercheur étranger sur place. Il y a aussi un jeu d'egos entre les deux, Salva Kiir et Riek Machar », commente-t-il encore. « La ville, au ralenti lundi, a retrouvé une activité normale ce mardi, les boutiques ont ouvert et les voitures circulaient, même si on sent une sorte de flottement », rapporte-t-il encore.

Le retour de Riek Machar est censé permettre la mise sur pied d'un gouvernement transitoire d'union nationale devant conduire à des élections dans les 30 mois et à l'application de l'accord de paix signé le 26 août 2015. Il prévoyait un cessez-le-feu et le partage du pouvoir.

Suite à ce nouveau retard, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni à la demande des Etats-Unis. Il s'est dit très préoccupé par ce nouveau report.