Guinée: l'interdiction d'une marche provoque l’ire des femmes de l’opposition

Des camions chargés de riz sont garés à un quai d'expédition du port autonome de Conakry, le 13 avril 2016.
© AFP/CELLOU BINANI

En Guinée, les femmes de l'opposition sont en colère contre les autorités locales. Elles les accusent de séquestration et de détention illégale de leurs époux et enfants sans jugement depuis plusieurs mois. Mardi 19 avril, l'ambiance était toute particulière face à un impressionnant dispositif sécuritaire dans les principales rues qui mènent au grand port autonome de Conakry.

Une manifestation autorisée puis interdite à la dernière minute a provoqué l’ire des femmes de l’opposition guinéenne. Elles voulaient dénoncer la dictature « du régime guinéen et exiger la libération de tous les opposants » arbitrairement détenus dans les prisons guinéennes.

Cette marche qui devait se dérouler sur un rayon d’à peine un kilomètre a été étouffée par un impressionnant dispositif sécuritaire.

« Nos enfants ont été tués, il n’y a pas de justice. Les auteurs se trouvent en prison, nous voulons la justice parce qu’on est guinéens, on n’a pas d’endroit où aller », explique une manifestante.

« Nous sommes fatigués »

« Nous avons reçu des instructions pour dire que la marche n’aura pas lieu. Donc, par rapport à cette décision, nous avons mis un dispositif pour empêcher tout regroupement pour ne pas qu’il y ait la marche », justifie le directeur régional de la police, Boubacar Kassé.

Face à cet important dispositif militaire, Binta Ntaem Diallo, députée de l’opposition laisse éclater sa colère : « Nous sommes fatigués, il n’y a pas de démocratie en République de Guinée. ». La politique poursuit : « Pourquoi il ne laisse pas les gens aussi faire la démocratie ? Qu’il accepte la démocratie en République de Guinée ! »

Pour elle, l’histoire politique du pays doit servir d’exemple : « Sékou Touré était là, personne ne pensait qu’il allait partir. Lassana Conté est venu la gouverner, il est parti. C’est son tour et demain ça sera notre tour ! »
 

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