Soudan du Sud: Riek Machar explique sur RFI le report de son retour à Juba

Riek Machar doit prendre ses fonctions de vice-président à Juba. Ici, le 8 juillet 2015 à Nairobi.
© REUTERS/Thomas Mukoya

La communauté internationale se montrait très inquiète, ce mercredi 20 avril, pour le processus de paix au Soudan du Sud, après les retards répétés pris par le chef rebelle Riek Machar pour revenir dans la capitale Juba, où il doit prendre ses fonctions de vice-président de Salva Kiir. Il s'explique sur ces reports sur RFI.

Le vice-président de Salva Kiir, qui doit prendre ses fonctions au Soudan du Sud, a déjà repoussé deux fois, lundi 18 et mardi 19 avril, son arrivée à Juba en invoquant des « problèmes logistiques et administratifs ».

« On vient de me dire que nous avons le feu vert, mais nous n’avons plus d’avion à notre disposition pour faire le voyage. Il nous faut donc maintenant louer un autre avion. Cela devrait prendre trois ou quatre jours », a affirmé Riek Machar à RFI.

Pas sûr donc qu'il soit sur place dès ce samedi : « Je ne pourrai pas vous répondre tant que nous n’aurons pas loué un avion nous permettant de faire trois allers-retours Gambella-Juba, explique-t-il. Nous irons par la route de Pagak, une ville frontalière, jusqu’à l’aéroport de Gambella, en Ethiopie. Les passagers, notamment les militaires et les forces de sécurité, sont déjà sur place, à l’aéroport de Gambella, depuis trois jours. »

De son côté, le gouvernement sud-soudanais invoquait mardi d’autres raisons à ces reports répétés, indiquant que les exigences de Riek Machar de rentrer avec 200 hommes en armes supplémentaires et un arsenal comprenant des missiles à visée laser et des mitrailleuses lourdes n'étaient pas acceptables. Mercredi, le chef rebelle disait avoir été autorisé par les autorités de Juba à rentrer.

Dans les milieux diplomatiques, on craint qu’il ne s’agisse d’une manœuvre dilatoire pendant qu'il négocie les conditions de son retour dans la capitale, où il doit reprendre ses fonctions de Premier ministre.

« Nous souhaitons tous la paix »

Le retour de Riek Machar est censé permettre la mise sur pied d'un gouvernement transitoire d'union nationale devant conduire à des élections dans les 30 mois et à l'application de l'accord de paix signé le 26 août 2015.

« C’est un grand soulagement, a déclaré Riek Machar. Depuis que nous avons signé l’accord de paix, nous avons hâte de rentrer à Juba pour que la paix règne partout au Soudan du Sud et pour former un gouvernement d’union nationale. Nous avons dix ministères ; l’autre camp, six ; les autres partis politiques, quatre. Nous sommes encore, quant à nous, en train de faire des consultations destinées à combler ces dix postes. »

Quant à savoir, s'il sera capable de travailler avec Salva Kiir, Riek Machar assure qu'ils n'auront pas le choix : « Il s’agit d’un gouvernement d’union nationale, nous sommes tenus de travailler ensemble, souligne le vice-président désigné. Nous souhaitons tous la paix. Si lui n’y tient pas, j’y tiens, moi ! Je veux que la paix revienne, que la situation revienne à la normale dans mon pays. »

Selon le médiateur de la communauté internationale dans ce conflit, l'ancien président du Botswana, Festus Mogae, l’accord de paix est d'ores et déjà « en danger ».